Je l’ai Echappée Belle

Aperçu vidéo ici.

La grange des Gleysin 82ème km. La barrière horaire initialement prévue à 8h est décalée à 9h, Belledonne a déjà laissé un paquet de concurrents derrière. Je ne suis plus très serein à l’idée de finir cet intégrale longue de 149kms 11400D+. Se dresse devant moi maintenant le redoutable Moretan, un mastodonte !

L’Echappée Belle; je la rêve depuis 5 ans. L’aventure, l’inconnu de passer la ligne, la joie de vivre ce défi, une traversée du Sud au Nord, un parfum de GR20 dans les Alpes. Prendre le départ aura déjà été une longue réflexion, mes pensées sont ailleurs, je pense à toi JS sur la ligne de départ.

Ve.02h00 Aiguebelle, il faut prendre la navette pour Vizille où un bon petit déjeuner nous attend. Je retrouve Alex « Le Vicking » rencontré sur La Diag 2019, passionné et motivé comme jamais. Les derniers instants de calme, nous entrons ensemble dans le sas de départ…

Ve.05h45, il est là le maître François, faire honneur à l’Echappée Belle, ultra favori pour relever le défi et faire un record sur ce tracé technique. Le briefing est court, pas de point météo, le ciel sera avec nous, une vraie chance…Gestion, gestion, gestion, sonner la cloche pas difficile l’Echappée Belle!

Ve.06h00, c’est parti, je suis en première ligne, pas pour longtemps le chemin est long, trouver mon rythme et surtout mes sensations. On est parti pour une longue montée jusqu’à la Croix de Belledonne 2889m. Je perds Alex et retrouve Gilbert au ravito de l’Arselle 17km 2h47, sympa d’échanger quelques mots. La portion suivante est parsemée de petits lacs, un régal pour les yeux, Lac Achard, Lacs Roberts, Lac Longet, Lac de Léama, Lac Longet, des souvenirs de rando me reviennent. 27km 5h28 ravito du refuge de La Pra, 2453m de D+ dans les jambes, l’échauffement est fini. Un premier pierrier sous les Doménon, pour s’offrir ces 2 magnifiques lacs avant la bifurcation vers la croix. « Mettre l’amour au sommet » un slogan avec une vue à 360°, nous sommes sur le toit de cette Echappée, 32km 7h18 de course. La couleur émeraude du lac Blanc me fait de l’œil 800m plus bas. La forme est là, prudent je relâche un peu dans les Rochers Rouges vers le col de Freydane. Emerveillé par ce glacier devenu si petit, le verras tu dans 30ans ? Le bijou nous attire, contempler derrière soi les 3 sommets de Belledonne, mon spot préféré.

Ve.15h01, Refuge Jean Collet perché au-dessus du Grésivaudan. 1h de pause, en pleine chaleur, petite erreur, sauf qu’en ultra on les paye rapidement. Je prends un coup de chaud dans la montée du col de la Mine de Fer. Je ne connais pas cette portion, sur le roadbook s’est classé noir, je comprends mieux. Les blocs, les cailloux sont partout, slalomer, enjamber, mon allure diminue fortement quand je pointe à la brèche de La Roche Fendue, 42km 4000D+, le ravito est encore loin. J’apprécie ce coin sauvage, le soleil rasant offre des couleurs splendides aux montagnes, je savoure quelques myrtilles. Habert d’Aiguebelle, reste 100km 12h36 de course un concurrent me dit de ne pas traîner, je m’exécute. Direction le col de l’Aigleton 500D+, il pique celui-là, l’accueil des bénévoles est chaleureux sous la banderole. Descendre pour remonter, pas compliqué sauf que maintenant c’est le Col de la Vache et l’obscurité gagne. Des blocs, encore des blocs, la vision a changé et il me manque quelques lumens pour être plus à l’aise. Bien dommage ne pas voir les lacs des 7 Laux, il faudra revenir. La descente est un peu laborieuse à cause de ma frontale, j’arrive au refuge stressé, 2h de retard sur mes prévisions, la descente est technique et escarpée. Aucune défaillance physique, c’est plus le mental qui en prend un coup.

Sa.00h46. Station du Pleynet, 1h30 de pause, pas du tout exploité. Un manque de lucidité, un change mal organisé sous une tente exiguë, je ne dors pas. Néanmoins les pastas du restaurant me requinquent et une gentille bénévole me fournit trois piles de secours, merci ! Je passe en mode piles, exit les batteries. C’est reparti, je cours pour la première fois plus de trois kilomètres. La nuit est bien avancée et la montée de la Valloire me sera fatale. Je recule dans la pente, mieux vaut s’allonger, plus de force. La fin de l’ascension de 800D+ est un calvaire, et je ne suis pas tout seul. On unit nos forces à 3 pour gagner le Gleyzin. Troisième erreur ne pas avoir profité des abris off sur le parcours pour dormir d’avantage. 81km 26h01 de course, le jour s’est levé, mes idées d’abandons aussi. Jeter le dossard ici, en début de journée non pas possible, tenter le Moretan au moins, je repars. Les concurrents du 85km me déposent dans la montée, ti pas ti pas ça me rappelle La Réunion. Refuge de l’Oule, moitié de l’ascension, petite pause l’endroit est propice et les bénévoles aux petits soins. Les mains sur les cuisses ça devient pentu et technique, le Moretan est un monstre, la montagne n’est que pierriers, un dernier effort j’arrive au col bien sonné 87km et déjà 7850m de D+ avalés. Le début de la descente est difficile : névé, arête équipée de corde, blocs rocheux, seul le lac Moretan reflète dans ce chaos minéral. Le ravitaillement de Périoule me fait du bien avant la descente. Je relance un peu. « Attention la montée suivante est la plus raide », je comprends vite pourquoi.. dré dans le pentu en pleine chaleur, je recule, je m’assois, je suis de nouveau KO. Les idées d’abandon m’envahissent à Super Collet 4km plus loin, 1h15 d’avance sur la barrière horaire. L’endroit est bondé pas une place pour se poser au calme, je me réfugie sous les tentes sur un lit de camp. « Tu ne peux pas arrêter là … » sonne Laurence au téléphone, 34h41 de course restent que 49 km !

Sa.17h50. Je quitte Super Collet km101, chaussures changées avec 10min d’avance sur la barrière horaire un vrai coup de poker ! La piste de ski est plutôt salvatrice, au col de Claran je m’agrippe à un groupe, l’allure est plutôt bonne en descente et me redonne vite espoir. Je retrouve petit à petit de l’énergie en cette fin de journée, la magie de l’ultra des moments « up &down », j’arrive au refuge des Férices à la tombée de la nuit, plein d’espoir. J’ai souvenir de cette partie faite en 2014 sur le 85km, dommage pour les paysages sur les crêtes, la lumière des frontales trace le chemin. J’arrive à Val Pelouse 118km avec 2h d’avance sur la barrière horaire. Plus question d’abandon mais toujours pas de dodo, je prévois une sieste de 20min au dernier ravito. Toujours difficile la deuxième partie de nuit, la fatigue, la somnolence me fait plonger dans le monde des hallucinations, il est temps de s’allonger sur le bord du sentier. La descente est interminable, je dors debout.

Di.06h18. Le Pontet 1h40 d’avance sur la dernière barrière horaire, le jour s’est levé et l’arrivée se rapproche. Les yourtes sont une invitation à dormir un peu enfin, 20min au calme. Plus rien ne peut m’arriver, la dernière bosse, l’ultime descente, je me surprends même à courir. Aiguebelle, j’ai le privilège de sonner la cloche en 51h51 239ème, je l’ai Echappée Belle.

J’ai reçu beaucoup d’énergie sur cette Échappée Belle, comme un « pèlerinage ». L’échappée Belle c’est une superbe organisation, de supers bénévoles et des paysages splendides, plus qu’un trail pour moi, une histoire née en 2013.

A mon cousin J.S.

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UTB en relais, on l’a fait!

UTB, en relais ! vidéo ici

L’UTB, une valeur sûre ! Si vous cherchez à faire un ultra trail dans l’année, l’UTB est pour vous. Après avoir essuyé les orages en 2016 et 2017, je décide de revenir, cette fois en relais, histoire de partager ce beau trail avec Laurence.

Elle a eu l’honneur de faire la première partie 47km, celle avec le plus de dénivelé 3830D+, la plus technique et de jour. Une étape où ça grimpe fort d’entrée 1860D+ jusqu’au Col des Lacs, histoire de bien se chauffer. Le passage sur la passerelle du Lac St-Guérin est toujours apprécié avant la montée au Cormet d’Arêches. Suit une belle portion de haute montagne souvent accompagnée de névés, passage au Col du Coin, Lac d’Amour, Col à Tutu sous la Pierra Menta, Refuge du Presset, Col du Grand Fond avant la descente au Cormet de Roseland. Un relais bouclé en 12h15, objectif accompli à 30 min de la barrière horaire, bravo Laurence !

Prendre le départ d’un trail à 16h45, atypique avec une belle portion de nuit pour boucler ces 58km 3070D+. Le ciel sera clément pour une fois avec moi jusqu’à la tombée de la nuit, le temps de prendre un max de plaisir en montagne et de profiter des beaux panoramas offerts sur les crêtes. La nouvelle trace à partir du Col de la Gittaz permet de découvrir de beaux points de vue sur les sommets de la première partie, avec en arrière-plan, le massif du Mont Blanc. Le Lac Noir et le Pas d’Outray sont les curiosités de cette portion. La descente sur Haute-Luce un brin technique et ludique affûte les guibolles avant Haute-Luce et sa magnifique église. La montée raide sur Les Saisies se fera poussif mais salvatrice pour finir ce parcours où il faut grimper le Mont Bisanne avant la longue descente sur Quiege.

Beaucoup de plaisir , bravo à tous les finishers notamment Jean Luc pour son premier UTB ! On reviendra certainement une nouvelle fois !

Voyage vers le Grand-Duc

C’est avec des images de paysages plein la tête que le voyage commence vers La Chartreuse. Souvenirs de belles randonnées, Cirque de Saint Même, Cascades d’Alloix, Dent de Crolles, Lances de Mallissard, Chamechaude, autant d’endroits qui ne laissent pas indifférent, loin des montagnes. Derrière ces grandes barrières minérales se dessinent des alpages et des hauts plateaux mystérieux où règne une ambiance sauvage et préservée, dépaysement garanti.

Le Grand-Duc est donc une invitation à la découverte avec un parcours renouvelé tous les ans. L’âme de ce trail est bien ancrée, anciennement appelé le Tour pédestre de Chartreuse, une 30ème édition, je ne pouvais pas louper ça!

Je retrouve Christophe plutôt aguerri au triathlon, l’installation au camping à deux pas du départ est idéale. Briefing, il va faire chaud, même très chaud et l’organisation se montre intransigeante sur le matériel obligatoire. 5h, on arrive juste au contrôle des sacs, c’est bon vous pouvez entrer dans la fournaise de La Chartreuse.

Etape 1 : 12.4km 870m D+ 480m D-

Je retrouve Bruno (sa vidéo ici) facile à reconnaître avec sa Go Pro dans le sas de départ. Nous avions partagé de beaux trails en 2015, le Nivolet Revard et l’UTMB. L’air est chaud, dès les premiers mètres ont transpire à grosses gouttes. Allure tranquille, le sentier serpente dans le Guiers Mort, ludique et joli on y reviendra y mettre les pieds plus tard. Un peu de bitume sur la route à encorbellements et nous arrivons à La Diat commune de Saint Pierre de Chartreuse dans le dernier tiers du peloton.

Etape 2 : 16.35km 1195 D+ 724m D-

Du salé, il faut déjà combler les pertes hydriques. Les choses sérieuses commencent, la pente devient plus raide avant un léger répit sur un petit plateau le temps d’admirer Chamechaude. La montée devient un brin technique, temps de sortir mes bâtons. Manque de chance, il m’en reste qu’un seul ! Pas le choix, une bonne branche fera l’affaire. Les jambes sont là malgré une bonne randonnée deux jours avant dans Belledonne, la chaleur commence à se faire ressentir à notre arrivée à l’Oratoire d’Oreval non loin du Charmant Som.  L’ambiance est bonne et les bénévoles au petit soin. Photo souvenir avec mon binôme, on a décidé d’unir nos forces jusqu’à l’arrivée. Le panorama offre un beau point de vue sur les sommets voisins. La descente file vers le Col de la Charmette km30. On profite du ravito pour se rafraîchir ça cogne de plus en plus.

Etape 3 : 15.95km 730m D+ 1583m D-

La montée suivante est sèche dans un chemin bien caillouteux mi-ombre. La Grande Sure se dévoile au loin de la combe. Je croise Bruno Lavit, photographe talentueux et sympathique au Col de la Grande Vache. Il faut aller pointer au sommet en aller-retour, point culminant du parcours 1920m. Le sentier est technique mais ça faut le détour, la vue à 360° est splendide, seul bémol le nuage de pollution se distingue clairement dans le bassin Grenoblois. Petite halte pour recharger en eau au début de la longue descente, ravitaillé par les ânes, bravo aux bénévoles. Quelques alpages, le sentier chemine dans la forêt en dessous de la Crête des Charmines. La chaleur est de plus en plus étouffante, arrivée dans la vallée la portion de bitume nous brûle. Je retrouve Sister venue nos encourager, on se pose de sérieuses questions pour la suite. 30min à rester dans la fournaise, plus de 40°C, on est cuit!

Etape 4 : 19.5km 1660m D+ 900D-

Dès le début de la montée, je ressens les prémices d’un coup de chaud. Cette portion est un long chemin de croix de 2h30. Le ravito au col de la Sarriette est une délivrance mais étant juste pour la barrière horaire de La Ruchère l’organisation nous propose une déviation de 10km évitant l’ascension du Petit Som, classé quand même, on valide de suite l’option. Moins de pression pour finir la course, on relâche dans la descente vers La Ruchère, je croise l’ami Bruno qui ne s’attarde pas.

Etape 5 : 13.6KM 402m D+ 1170m D-

Beaucoup de monde à La Ruchère, l’ambiance est propice pour se poser un, on en profite pour bien se ravitailler. Cette fin de parcours alterne avec quelques petites bosses, vu notre allure les jambes sont encore bonnes pour courir. Le passage à gué dans le Guiers Mort est un bonheur pour les jambes. On finit avec Christophe en 15h36, sympa de partager ce trail ensemble surtout dans ces conditions.

Si un jour vous trouvez un bâton Leki quelque part en Chartreuse faites-moi signe !

Ma vidéo souvenir 

Une belle 1ère

Vidéo ici

L’association “Courir Marcher dans le Sud Touraine” a organisé le 2 mars 2019 son premier Trail Sud Touraine. Cette jeune association existe à travers des marches et des sorties running. Nicolas Gagneux l’organisateur a voulu offrir un 42km en semi-nocturne, distance emblématique pour la course à pied et inédite pour un trail dans notre département d’Indre et Loire. La promesse de faire découvrir deux belles vallées, La Creuse et La Claise, un parcours fait de relances, de singles techniques avec peu de route, composé de 70% de parties privées. Succès pour l’inauguration plus de 600 participants et une centaine de bénévoles ont répondu présents. Plusieurs distances et formules étaient proposées; du 10 km au marathon en solo, relais ou en duo de quoi satisfaire un grand nombre.

Une belle découverte à 1 h de Tours, çà ne se loupe pas. C’est donc avec une grosse envie que j’aborde le premier « gros » de 2019. Retrait des dossards à Chambon, lieu d’arrivée où nous sommes transférés en bus vers Barrou commune du départ. Débarqués sur la place du village, nous sommes une bonne centaine pour ce 42km. Venu avec les copains, Christophe, Eddy, Rémi, Thomas je retrouve la bande du ToursNAventure venue en nombre. Quelques mots avec Vivien le photographe, l’échange est sympathique, quelques clichés avec la bande et nous voilà tous sourires au départ.

Les habitués du circuit départemental sont là, TTE, TTT, le plateau est plutôt relevé. Le départ est donné en faux plat avant d’attaquer une série de singles. Le parcours alterne ensuite allées forestières et chemins avant de descendre dans la vallée de La Creuse. Petit regret de ne pas passer au château de La Guerche, nous remontons le côteau. Km12 premier ravito à la Commanderie de Templiers de l’Epinat, je passe chemin. Le rythme commence à être bon, on attaque une belle portion boisée, alternance de chemins et de singles, je relance plutôt bien 23km 2h13 de course 2ème ravito au Grand Pressigny. Passage de relais, la trace plonge en sous-bois dans la vallée de La Claise, ludique ce n’est pas pour me déplaire.  Les faux plats se ressentent bien dans les guibolles, km30 on remonte sur le plateau l’allure a nettement baissé, je m’accroche à quelques têtes connues. En file indienne, je me cale derrière pas de relais, je tiens. La nuit tombe en sous-bois l’occasion de marcher, j’enfile la veste, je reprends quelques forces km36 au ravito de La Perrière. Une petite ravine agrémente cette fin de parcours, je fini au mental en 4h03 32ème. J’ai nettement calé sur la fin mais je suis satisfait (trace strava). Je retrouve Laurence comme à son habitude en place pour ces massages de récupération.

Quelle belle réussite ce trail Sud Touraine, on sent une organisation déjà bien en place et des bénévoles dévoués à orchestrer une belle manifestation conviviale, bravo ! A l’année prochaine certainement…

Article NR ici .

J’ai survécu à mon rêve, la Diagonale des Fous.

Ma vidéo souvenir ici..

Je viens de me hisser en haut du Maïdo marche après marche, Ti pas, Ti pas, il est 9h25 du matin.

La brume noie le paysage, un épais crachin recouvre les parois montagneuses, l’immense cirque de Mafate est caché sous le bouclier grisâtre, dommage ! Je monte à petit rythme depuis plus d’une heure. La voix d’un homme perché sur un rocher résonne. Des psaumes dont je ne saisis pas grand-chose, l’homme semble bien « allumé ». J’hallucine peut-être, je me pince, est-ce réel, un fantôme ? Non, je suis bien sur le Grand Raid de la Réunion et je sors de ma deuxième nuit. Cet instant surréaliste me restera gravé pour longtemps.

Jeudi 19h, je laisse mes proches, 3 sacs d’assistance accrochés sur mes épaules. Contrôle du matériel obligatoire, c’est bon, j’ai le droit de participer à la fête. Heureux comme un gosse ; l’insouciance de la première fois. Parfum d’été sur fond de concerts, l’ambiance monte à Ravine Blanche. L’esplanade se remplit doucement, un photographe capture les derniers moments de décontraction partagés avec Andreas, Fabienne, Pierre-Alain et Guy. Un soudain mouvement de foule interrompt la quiétude, le speaker Ludovic Collet réveille tout le monde. Collé, serré dans le sas de départ, je suis bien mal placé. Je vais vivre quelque chose de fort sur l’île intense.

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Jeudi 22h, l’émotion, le cœur qui vibre, c’est grandiose, comme à l’UTMB il y a 3 ans. Cette foule, ces sourires, des milliers de personnes hurlent, crient, chantent. Laurence et les amis sont là, je les retrouve 100m après le départ, c’est inespéré. Je suis galvanisé, le rêve va devenir réalité. Je me fais doubler, doubler, doubler…qu’importe, je savoure et partage l’instant. Le front de mer a des allures de col du Tour de France. Les conseils de départ rapide sont ratés, je me plonge dans mon Raid avec les dernières lueurs de la ville. Ma frontale perce les nuages de poussière des sentiers de champs de canne à sucre. Fabienne et Pierre-Alain, sont là, l’allure est bonne, la motivation extrême. Je file, p’tit raideur solitaire, accroché à mes espoirs, à mon rêve. Domaine Vidot, ravito n°1 1h54 1499ème  comme un parfum de Sainte Lyon sans le froid, je ne traîne pas.

Vendredi 00h15, pas de bison futé, je suis dans les fameux bouchons. J’en profite pour grignoter un peu, patience la route est encore longue, p’tit raideur. La longue montée progressive sur le volcan égraine le peloton, la fraîcheur se fait ressentir. Quelques pâturages et barrières, non ce n’est pas l’UTPMA, ni le Cantal. L’allure est calée, une étoile filante éclaire la nuit volcanique. Le doute, on a perdu la trace. Aller – retour sur le sentier, ça jardine, un bon kilomètre de plus haut sur le Volcan ! Je sors la tête des bruyères, la brume est installée au Belvédère Nez de bœuf, alt.2040m. Le jour et une autre course arrive.

Vendredi 7h06, Mare à Boue km50 alt.1609m 1218ème 9h06 de course. Petit faim, riz poulet ça passe bien, presque délicieux. Chemin Kerveguen, c’est quoi ce truc, ça se corse, un sentier Péï technicité locale où mes Altra Olympus font merveilles. Interminable, cassant, la fatigue se fait sentir. Quelques chutes devant moi, et les premières couvertures de survie sorties, ça se durcit. La beauté du sentier me fait oublier la longue montée âpre, le Piton des Neiges imposant est drapé sur un versant de nuages, splendide. Côteau Kerveguen alt.2200m, le saut dans Cilaos est juste impressionnant, D-800m en tout juste 2kms ! Une descente, non plutôt un mur à descendre, la danse des marches et des virages en épingles. Prudence sur ce sentier, une stèle en guise de rappel ! Enfin Mare à Joseph, soleil tu tapes.

Vendredi 13h52, Cilaos km65 alt.1252m 1229ème. L’accueil Péï au top en ce jour de fête de la lentille, base de vie n°1. Petit luxe dans l’aventure, douche et change intégral, ça fait du bien, mais la chaleur m’assomme dans le gazon du stade. Je tente une sieste sous la tente, mais il fait trop chaud. Je décide d’aller manger un peu. 1h30 de pause et je repars, fatigué ! Tu vas le payer p’tit raideur, ta course commence ici ! Reste 100km et Mafate en guise de couperet.  Jolis sentiers de Cilaos, tu me tiens éveillé, Cascade Bras Rouge tu me rafraîchis au fond du gouffre. La courbe de niveau s’inverse, les paysages me captivent de plus en plus. Le chemin me paraît soudain plus long. Le ravito début du sentier du Taïbit, instant de peine, je m’allonge sur la route départementale, puis sur le parapet en béton, non ce n’est pas encore ici que Morphée va venir. J’ai sommeil, attendre Marla, non trop froid ? Je doute, Ti pas Ti pas, grimpe, avance p’tit raideur. Je me souviendrais longtemps de cette interminable montée, contrastée avec la beauté des paysages. Col du Taïbit, Mafate ouvre ses portes.

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Vendredi 18h22, Marla km78 la nuit tombe, j’ai perdu 250 places depuis Ciloas ! Je me restaure un peu, et tente une sieste sur l’herbe. La nuit est définitivement tombée, il fait frais ici à 1600m d’altitude. Pas question d’abandon ici, sauf pour un tour d’hélico, pas trop envie ça ne serait pas bon signe. Je repars, « lé gayard » affronter le dénivelé de Mafate 3000D+, positive attitude, ne pas subir mais vivre l’instant. Je reconnais le sentier fait 5 jours plus tôt. La nuit, une autre dimension, les bruits des couvertures de survie dans la forêt, les senteurs, les ombres tout devient différent. Plaine des Tamarins, Col des Bœufs, Plaine des Merles, Sentier Scout, La Plaque et sa passerelle suspendue, les îlets traversés sont autant de témoignage d’une histoire difficile, le marronnage. Accroché à ma lueur de frontale, ma ligne de vie, j’imagine les crêtes, les gouffres qui m’entourent.

Samedi 01h33, Grand Place Ecole alt.687m 1265ème 27h33 de course. Salutaire, je m’allonge sous une tente pour une sieste chronométrée de 30min. 1h plus tard, c’est reparti. Les chemins sont escarpés, chaotiques par endroit, périlleux comme dans la descente sur la rivière des Galets. Mafate, ça se mérite ! Le jour se lève rapidement, l’imposante façade minérale devant moi, il y a un sentier ici ? Il faut se hisser jusqu’à La Brèche, je peine, je doute, les lacets serrés et les marches irrégulières, innombrables. Le surplomb est imposant offrant une vue majestueuse. Le sentier est taillé à flanc de paroi pour rejoindre plus haut le rempart. Petit à petit je plonge dans la brume…je ressortirais différent.

Samedi 9h24, Maïdo Tête Dure alt.2030m 1261ème 35h24 de course. Les aventuriers du Bourbon, sont désormais sur la même trace. Il pleut au sommet, du vent, et quelques raideurs mal en point, je ne prends pas quartier ici. Descendre, descendre quasi au niveau de la mer, du froid au chaud, je quitte Mafate pour la ville. Une transition longue de 13km, je voudrais courir mais je suis à l’économie. Les champs de géranium, les senteurs de citronnelle, Alex le Vicking en botaniste aguerri me redonne le parfum du Grand Raid. Cette transition roulante permet de bons moments d’échanges et de plaisanteries, des sourires, le plus dur derrière et l’espoir de finir point son nez.

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Samedi 12h34, Sans Souci 126km alt.345 1212ème 38h34 de course. Retour à la civilisation avec la mer en vue, la cour d’école est aménagée en base de vie n°2. Quelques mini crêpes, un yop bien frais, je file dans le fond de la cour à l’ombre. Le robinet d’extérieur fera office de douche, les jambes apprécient. P’tit raideur va dormir un peu. Le chemin est encore semé d’embuches. La casquette saharienne du Grand Raid sur la tête, je repars. La Rivière de Galets, puis une longue bosse vers Dos d’Ane, je transpire à grosses gouttes. La bouteille d’Oasis achetée au bord de la route me fait le plus grand bien. Le voilà enfin, le Chemin Ratineau, ses racines, ses cordes, un homme blessé à terre, des glissades. Je préviens un proche venu à la rencontre du blessé plus bas. Ti pas, Ti pas, le sentier Kalla fini de fatiguer le bonhomme, les couleurs du coucher de soleil m’accueille à La Possesion.

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Traversée de la Rivière des Galets

Samedi 18h34, La Possesion 144km alt13m 1172ème 44h48. La foule acclame les raideurs, l’accueil Péï encore, chaleureux. Le releveur droit me chatouille, sagesse, je préfère prendre la direction du kiné. Me voilà, strappé, le dernier remonte à l’UTMB 2015, souvenir épique. Tiens, les pierres noires du Chemin des Anglais s’alignent dans ma frontale. La chaleur des pseudos pavés rayonne encore, désorienté, déséquilibré, déconcentré, je maudis ce fichu sentier. Je m’allonge de nouveau. L’espoir est relayé, je fais finir, c’est certain. Grande Chaloupe, je file, je m’accroche à l’allure euphorique d’un groupe, mon regard suspendu vers les lumières de l’antenne, tout là-haut.

Dimanche 00h20, Colorado 160km alt683m 1152ème 50h20. Sécurité, je change les piles de ma frontale et savoure mon dernier ravito. Je me jette dans la descente, technique jusqu’au bout la Diagonale. La ville est là en bas, le stade apparaît enfin à l’horizon, je l’ai fait la traversée de l’île intense. J’ai survécu à mon rêve. Une arrivée intime, en solo, un souvenir à vie. 52h02, c’est fini, j’ai ma médaille, mon tee-shirt jaune, je ne réalise pas vraiment, je rêve peut-être !

Dimanche 05h30, j’ai dormi dans un coin du stade, quel bonheur. Je me réveille pour l’arrivée de Fred et Pascal, 32h32 pour boucler le Trail Bourbon. Anne en chef d’orchestre, la photo souvenir est dans la boîte.

Dimanche 14h13, elle arrive, elle l’a fait, juste énorme, quel mental, Laurence en fini aussi avec le Bourbon, 41h14 ! Le pari de la p’tite danse sur la ligne d’arrivée avec Laetitia, complétement fou. La Dodo peut enfin être savourée.

Ma Diag appartient désormais au passé, j’ai parfois douté sur mes capacités et la raison de ce défi complément fou. Les réponses sont encrées profondément, un hymne à la vie, la nature, une communion intime. La satisfaction vient de l’absence de blessure et le sommeil sans doute la chose la plus difficile à gérer. L’ambiance de cette course est extraordinaire, une grande fête pour La Réunion, elle aime le Grand Raid, le Grand Raid aime la Réunion.

Grand Raid de la Réunion / Diagonale des Fous 170km – 9700D+

Grand Raid Réunion-Nicolas-Cognard

GRP Majestueux Tour des Cirques.

Ma petite vidéo souvenir ici et quelques images en drone très sympa pour vous mettre en appétit.

Voilà plusieurs années que le GRAND RAID DES PYRENNEES résonne dans mon esprit, la faute certainement de Stéphane ! Je garde un excellent souvenir des Pyrénées lors de notre trek autour du Mont Perdu l’an dernier. J’aborde ce trail gonflé à bloc côté motivation avec une grosse envie de découverte. En vacances dans la vallée d’Aure, nous avons le temps de profiter et faire quelques belles balades notamment dans la Réserve de Néouvielle.

Le menu du GRP est varié, pour moi se sera le Tour des Cirques 123km 7000D+ / 8000D- et pour Laurence le Tour des Lacs 80km 5000D+.

Jeudi Vieille Aure, la petite place et sa fameuse fontaine commence à s’animer. Le contrôle des sacs et le retrait des dossards se fait sous un immense chapiteau dressé sur le stade de rugby. 18h00 le briefing fait le plein. C’est bien rodé, quelques inquiétudes sur la météo, mais on fera avec !

Le départ du Tour des Cirques est donné à Piau-Engaly (30min de Vieille Aure), la plus haute des stations de ski des Pyrénées françaises, alt.1860m. 9h00, atypique comme horaire de départ pour un ultra, l’occasion de faire le plein de sommeil avant de passer la nuit en montagne. Pas de stress, malgré un profil costaud ! Je retrouve Célia dans le sas de départ, retrouvaille d’un UTMB 2015 glorieux pour nous deux !

Top départ, pas d’affolement on fait un tour de chauffe dans la station D+770m pour aller chercher le point haut des pistes alt.2526m où la grisaille laisse place à une belle mer de nuage en toile de fond. Il faut redescendre à la station pour le premier ravito 1h22, 177ème, arrêt express. Je laisse mes supportrices ici, une grosse balade m’attend ! Deuxième bosse du jour D+800m, le sentier remonte gentiment le vallon avant de finir en petits lacets sur un petit névé, nous sommes au Port de Campbeil alt.2596m, tout va bien. Chacun est concentré sur son effort avant la longue descente sur Gèdre, D-1600m. Premières entorses sur le bas-côté, je suis un petit rythme pour économiser mes quadris, pour ça je fais des pauses photos/vidéos. Un lac à l’eau rougeâtre offre un joli contraste avec le vert de la combe. Les montagnes sont imposantes, le sentier surplombe un gave, on arrive au Pont des Grabassets. C’est le début de la forêt sur une piste peu carrossable. Des vieux moulins joliment restaurés m’accueillent à l’entrée de Gèdre, ravito n°2 25km 4h36 321ème.

Une belle boucle de 36km m’attend maintenant dans le cirque de Gavarnie et d’Estaubé avant un retour sur le même ravito à Gédre. En ce début d’après-midi, le soleil commence à taper, le sentier de Compostelle chemine le long du Gave de Pau pour monter sur le plateau de Saugué. Si proche mais à la fois si loin cette magnifique cascade. Cette portion est très belle, Notre Dame des Neiges annonce l’arrivée dans le village, ravito n°3 37km 7h10 234ème. Je me pose à l’ombre et j’enfile ma casquette saharienne. Je croise Célia en pleine assistance perso, de premier choix.

Il faut aller chercher l’hôtellerie du Cirque, les sommets sont coiffés de nuages, la trace bifurque D+850m vers la Hourquette d’Alans. Le sentier en corniche appelé « le sentier des Espugues » offre une belle vue sur la vallée. Plus loin après le refuge privé du Pailla, je retrouve la trace de notre trek de l’an dernier avec la montée au Refuge des Espuguettes. Pas de bivouac cette année, petit ravito express avant l’ascension finale à la Hourquette. On bascule dans la grisaille, c’est bien dommage. Le cirque d’Estaubé restera caché et ne nous dévoilera pas ses magnifiques sommets. Pas le temps de trainer, l’an dernier nous remontions vers la brèche de Tuquerouye, technique à souhait, là c’est une longue descente D-1500m qui nous attend. Une fois sous le couvercle nuageux, le paysage reprend vie, la tache turquoise du Lac des Gloriettes au loin illumine le décor. L’endroit est propice à une pause mais la descente est loin d’être finie. La nuit commence à tomber. Sur les derniers kilomètres, je me cale derrière une concurrente, risqué mais sa frontale m’éclaire suffisamment. La descente a laissé quelques traces, la fatigue musculaire s’est installée, il faut récupérer, ravito n°4 Gèdre retour 61km 12h22 207ème est cumul D+3550m pour D-4400m.

Une autre course commence, celle de la nuit ! J’imagine la liaison à Luz Saint Sauveur facile, je vais déchanter ! 14km 600D+ pas le plus dur sur le roadbook mais un sentier usant. Sympa ce couple, petit ravito maison au bord de chemin, le café me remonte le moral ! Dernière bosse la croix de Sia, l’arrivée sur Luz Sait Sauveur est laborieuse. Base de vie 16h03 de course 74km 190ème, la salle est accueillante mais peut-être un peu petite, je me pose au sol dans un coin pour un change intégrale. 45min de pause le corps s’est bien refroidi, difficile de repartir, il est 2h00 du mat. Je croise Célia qui arrive, elle jettera malheureusement l’éponge ici !

Dès les premières pentes je sais que mon ultra commence ici, là où le mental devient plus important que le physique. Pas d’énergie, le 3ème du 160km me dépose dans la montée. Je m’accroche à plusieurs concurrents pour faire un gruppetto mais que diable je traine ! Il fait froid, les lueurs de la cabane de Sardiche apparaissent, je passe chemin, je reviendrais. Les blocs et les pierriers verdâtres rendent le pas prudent. Je reste concentré, accroché à la lueur de ma frontale. Le ciel est étoilé et les nuages sont restés plus bas. Les points lumineux accrochent la crête plus haut. Le crépuscule se lève enfin sur cette fin d’ascension interminable. Le refuge de la Glère semble flotter comme un bateau sur la mer de nuage, mémorable ! Tout ça me redonne le moral, 4h00 pour 1600D+ pour 14km une allure d’escargot, le ravito est le bienvenu après 87km 22h13 de course 204ème .

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Le jour se lève, ça meule comme on dit ! La descente sur la piste est plutôt clémente et permet de trottiner, mais j’ai plus les jambes. Plus bas du bitume et la route du Tourmalet sympa pour les vélos moins pour les traileurs, la lassitude me gagne, j’attends avec impatience Tournaboup 93km. 24h05 203ème, .Une douleur commence à venir sur le dessus du pied, 25 minutes de pause, il faut bien ça pour se refaire un peu.

Je repars pour l’avant dernière difficulté D+1000m sur 10km. Nous sommes sur le GR10, une ascension vers la cabane d’Aygues Cluses alt.2156m. J’arrive à la tente, cramé, et Freddy mon compagnon de lit de camp aussi ! Je me fais poser un strap pour limiter l’échauffement sur le dessus du pied. 45 min de pause salvatrice près du lac d’Agalops. Le sentier reprend en montée vers la Hourquette Nère alt.2465m, 28h18 de course 201ème. Ce col offre un promontoire magnifique sur les lacs. J’aborde cette descente prudemment, on recoupe plus bas avec les concurrents du Tour des Lacs 80km et Tour de Néouvielle 40km. Le sentier est technique avec des racines et pierres, pour le coup ludique avec des petits pas. Dernier lac, celui de l’Oule et dernière bosse, booster je retrouve de l’énergie. En haut le brouillard envahit le terrain de jeu, on distingue les premiers téléskis de la station de Saint Lary Soulan. Le plaisir de cette fin de course s’estompe pour le coup et la foule du restaurant Merlans ne m’invite pas à rester longtemps, 30h41 214ème. La purée de pois a gagné le col du Portet, la balade 2 jours avant n’est pas regrettée. D-1500m de descente, les jambes ne veulent plus courir, je décide de finir en marchant. Les derniers mètres se font en longeant la Neste d’Aure, les ados ont fait le déplacement et me font un accueil triomphant, je passe la ligne en 33h34 217ème sur 358 arrivants dont 222 abandons (1er Cather Pascal en 18h58 !).

Le Tour des Cirques, un tracé sauvage, technique, et avec des cols offrant de magnifiques points de vue. L’organisation du GRP est très professionnelle avec des bénévoles dévoués. Un événement majeur dans l’hexagone. Un grand bravo à Laurence et Stéphane qui finissent le 80km du Tour des Lacs.

Place au Grand Raid cette fois de la Réunion pour une belle Diagonale…

Prendre son envol au Sancy

Venir en Auvergne est devenu coutumier depuis quelques années, trail des Piqueurs, trail du Sancy hivernal et estival, trail Vulcain, trail des Couteliers…

Géographiquement bien situé, le massif du Sancy est un lieu idéal pour crapahuter sur les contreforts volcaniques des puys et préparer ces objectifs de l’été. De nombreux sentiers balisés permettent de randonner au cœur d’un cadre naturel préservé et naturel et aussi le carrefour du GR4 et GR30.

Cette année, nous avons abordé le Sancy sur un court weekend, une demi- journée Off en rando trail avec le tour du vallon de Chaudefour en partant de la maison de la réserve naturelle. Une belle sortie, avec de beaux points de vue et un peu de dénivelé (trace strava ici).  Passage à proximité de la Cascade de Pérouse et de la source Sainte Anne, une montée dans les landes herbeuses et fleuries sur le plateau, avant d’arriver sur les crêtes où le sentier passe à proximité  du télécabine de la Perdrix de Super Besse, aboutit au col de la Cabane, début de la montée raide qui nous amène au sommet du Puy de Sancy (1886m) dans les nuages en cette fin de journée. La ligne de crête après la descente marque la séparation entre le vallon de Chaudefour et le vallon de la Dore. La descente finale dans la Vallée de Chaudefour permet d’admirer les rochers de Liadouze, la Dent de la Rancune.

Lendemain direction Super Besse pour le trail de l’Envol de la Perdrix, un 30km avec trois sommets (Puy de Chambourget, Puy de la Perdrix, Montchal) et un passage au pied du Puy de Sancy . Des panoramas splendides à la montée sur la réserve naturelle de Chastreix Sancy, à la descente sur la réserve naturelle de la vallée de Chaudefour Le retour vers la station passe sur l’un des plus beaux sites du massif, le Lac Pavin ! Ce trail permet une bonne approche au trail plus long, en le faisant en mode cool on a pu apprécier pleinement ce beau tracé (vidéo souvenir ici).

 

La Montagn’Hard, un concentré de dénivelé

Vidéo souvenir ici.

Trace strava

J’arrive à Saint Nicolas de Véroce sous un parfum de coupe du monde et une victoire de  la France face à l’Uruguay mais surtout attiré par cette Montagn’Hard qui résonne dans mon esprit depuis un moment. Ce petit village à tout pour plaire avec sa belle église baroque du XVIII siècle, le retrait des dossards se fait sous un chapiteau, simplicité et  authenticité, j’apprécie. Tiens, le sponsor sur le maillot est Unchain, une nouvelle marque de lacets avec lequel je cours sur mes Altra. Je trouve ma place de stationnement à deux pas du départ sur un parking en contre bas, idéal pour passer la nuit.

La Montagn’Hard fête ses 10 ans et pour l’occasion l’organisation à concocter 3 parcours: un 42km 3500D+ en solo ou relais, un 63km 5000D+ un concentré de dénivelé et un gros très gros 135km 11000D+ pour des souvenirs impérissables.

Le 63km me suffit largement et servira de préparation pour la suite, le tracé dans le val Montjoie s’annonce magnifique surtout que la météo sera avec nous. 6h00, environ 200 participants pour prendre le départ de ce 63km et une forte envie de sentiers de montagne me fourmille dans les jambes. Mon but est de mener une course prudente et sage en descente, les barrières horaires sont finalement assez large il n’y a donc pas de pression pour passer les 6 « bosses » au programme du jour.

C’est parti, la première pente sert d’échauffement et permet d’étirer le peloton. Je croise Jonathan (24ème – 11h19) aperçu mi-juin sur les sentiers des Drayes du Vercors. 400m D+ en apéro, un joli point de vue s’offre à nous sur la vallée de l’Arve et les Aravis. La descente est roulante.  Deuxième montée, je discute avec Jean-Baptiste (134ème – 15h25) V3 émérite et sympathique du Trail Club Saint Gervais Mt Blanc St Gervais. Dans son terrain de jeu, il connait les sentiers et les montagnes environnantes. Le sentier coupe plusieurs fois le chemin de fer du Tramway du Mont-Blanc qui monte au Nid d’Aigle. A papoter, je ne vois pas le temps passer, nous voilà dans un alpage au col, le soleil illumine le Mont Blanc, le refuge du Gouter brille sur la corniche de la barre rocheuse. Il faut descendre pour atteindre le premier ravito Les Toiles 125ème  2h37,  il commence à faire chaud !

Les sensations sont plutôt bonnes en ce début de trail, on attaque la montée du Prarion 800D+ on quitte les derniers chalets pour s’enfoncer dans la forêt. Je tombe sur Philippe (bif.40 10h51), nous discutons de la Diagonale et me fait partager son Grand Raid. Finalement cette partie en sous-bois passe aussi rapidement et on se fait doubler par les concurrents du 40km à l’allure bien plus rapide. Le sentier devient un peu plus escarpé et technique sur la fin, au sommet le panorama est magnifique. Pause photo obligatoire sur ce promontoire situé à 1 860 mètres d’altitude face au Mont Blanc. Dégustation d’une petite patate douce et c’est reparti en mode crapahut dans la descente, j’y vais tranquille pour pas me détruire les cuissots. J’arrive à Bionnassay ravito n°2 108ème 4h52, encore frais disons pas tant que ça vu la chaleur ! Je bois énormément et me ravitaille correctement avant de repartir avec la casquette saharienne sur la tête.

C’est reparti sur une portion que je connais, souvenir de vacances 2016 avec le franchissement de la passerelle du glacier de Bionnassay, le torrent gronde déversant les eaux de fonte, impressionnant ! La bifurcation pour descendre sera laissé cette fois, il me faut remonter au col du Tricot point culminant de ce parcours, 2120m d’altitude.  Cette fois, je croise Clément engagé sur le 135km (bif.60 21h37). Bien sympa Clément trois Diagonale à son palmarès. Arrivé au col, c’est un peu la foule mais le panorama permet d’observer la face nord de l’aiguille de Bionnassay. Je profite des belles perspectives vers la vallée des Contamines et sur les alpages de Miage nous sommes sur les traces de la TDS. La pause avec le petit sandwich est méritée avant de se lancer dans une descente bien raide 600D-. Le 3ème ravito est en bas, 105ème 7h19 de course et environ 2 heures d’avance sur la barrière horaire. Je m’hydrate bien quelques oranges, du salé et c’est reparti. On attaque par une petite bosse 200D+ bien exposée à la chaleur, je ne regrette pas la casquette ! Nous passons devant les Chalets du Truc, le point de vue sur les dômes de Miage est superbe, les alpages sont agréables à courir. Le sentier nous dirige vers la vaste combe d’Armancette où la végétation est abondante (Réserve naturelle des Contamines). Arrivé en surplomb des Comtamines le sentier est aérien et file en balcon qui permet de relancer un peu l’allure. La vue sur l’autre versant Mont Joly et son col me fait penser à l’UTB l’an dernier et le terrible orage! Cette portion est assez longue, j’arrive au refuge de Tré-La-Tête au  97ème 10h00 de course, l’Bagnard nous attend à la fontaine.

Je n’aurais pas cédé à la bière du bagnard pourtant alléchante ! Je change de maillot et me lance dans la descente, technique en première lieu ce qui n’est pas pour me déplaire. Cette portion passe finalement bien, j’ai encore les jambes! Je reconnais le sentier de l’UTMB menant à La Balme cette fois en descente direction la chapelle Notre-Dame-de-la-Gorge. Assez émouvant de repasser ici ! Je cours le long de l’Arve pour arriver au dernier ravito du camping du Pontet 95ème 11h08. Je relâche un peu, j’ai laissé quelques forces à courir, la dernière ascension vers le Mont Joly se fera à petit rythme.

Je trouve la dernière bosse bien raide 600D+, je suis bien content de sortir de la forêt. Le sentier nous mène devant un chalet à la vue extraordinaire, l’hôte des lieux m’offre un bon petit sirop au thé vert – pêche bien frais ! Je repars avec Bernard un Belge pour atteindre la bif 60/135, je discute avec 2 concurrents du 135km, le choix étant donné de jeter l’éponge et bifurquer sur la fin du 60km. Je laisserais ici Blandine et Willy à la nuit (finishers en 38h50). Le soleil plonge derrière les montagnes, je m’arrête une dernière fois pour profiter de cette ambiance si particulière et salvatrice, presque déçu de finir. Les pistes de ski m’accompagnent pour cette ultime descente, les premiers chalets de Saint Nicolas de Véroce et le son du speaker sonne la fin et l’arche d’arrivée, 97ème 14h07.

La bière fraîche est amplement savourée cette fois! Beaucoup de plaisir de se retrouver les sentiers alpins, j’ai retrouvé à La Montagn’Hard une ambiance particulière que finalement peu de trail offre, animée par des bénévoles et une organisation sans faille souvent primordial en montagne. Un concentré de paysages magnifiques, quelques souvenirs et des rencontres sur les sentiers, vive le trail.

Drayes du Vercors simple et efficace.

Participer à un trail est souvent prétexte à la découverte d’un p’tit coin de France. Avec cette inscription nous voilà donc parti pour le sud Vercors. La réputation des Drayes du Vercors n’est plus à faire avec cette 24ème édition, un des plus vieux du territoire. L’organisation est bien rodée et propose 4 formats de distances, pour nous ce sera Les Drayes 50km / 2900D+  histoire de se préparer pour les prochains objectifs. Nous logeons à deux pas du départ, au camping municipal !

Vidéo des Drayes du Vercors 2018 et ma petite vidéo souvenir de l’intérieur

Flyer-Verso

Le mot de l’organisation : Le Trail des Drayes du Vercors, ce n’est pas une course de plus dans le calendrier, c’est un Etat d’Esprit,

Né en 1995 à une époque où la course nature n’était pas encore « à la mode ».

S’appuyant sur trois grandes valeurs :

L’envie de partager notre amour d’un territoire naturel extraordinaire, ayant su conserver son aspect sauvage, le Massif du Vercors Drôme.

Pour cela nous cherchons toujours à renouveler les parcours, allant jusqu’à recréer des sentiers disparus, afin de toujours surprendre agréablement le coureur, heureux de galoper sur des singles techniques et de profiter de points de vue saisissants, essentiels pour le moral du sportif au long cours 

La convivialité et la bonhomie, l’ADN de nos territoires ruraux, symbolisée par un vrai bon moment de table autour des produits gastronomiques locaux, et des ravioles du Vercors en particulier.

La taille humaine de notre événement avec une équipe 100% bénévole, dont la seule paye se compte en nombre de sourires sur les visages des participants

La Chapelle en Vercors est un petit village chargé en histoire. En juillet 1944, la Werhrmatch a parachuté 15000 soldats pour dénicher les résistants. En remontant vers le Nord du Vercors, ils ont semé la terreur détruisant, incendiant les habitations. Une partie de la population a été massacrée dans la cour d’une ancienne ferme au centre de la Chapelle, une stèle et un petit musée nous invite au recueillement la vieille de course.

Samedi matin 6h00, température idéale et ciel dégagé,  tout s’annonce pour le mieux, nous sommes un peu plus de 100 participants sur le 50km, on va ne pas se marcher dessus, tant mieux ! Top départ, et un gros favori avec la présence de Fabien Antolinos. 2kms pour étirer tout le monde avant d’attaquer la première petite bosse, je laisse Laurence dans sa course à ce moment-là. Je relance dans les prairies tapissées d’une petite brume matinale. Direction le rocher du Guignon avec un passage à la Roche des Arnauds  km9  alt1391m, le belvédère offre un panorama très joli sur l’Est du massif et la vallée. Je mets un peu les mains pour passer le ressaut rocheux avant d’attaquer la ligne de crête, la descente s’amorce dans un versant boisé et abrupt. Les cuisses chauffent un peu en bas, Echevis km15. Petit ravito 2h06 de course, il faut se refaire un peu avant d’attaquer le Pas de l’Allier. 6km de montée, une première partie bien raide puis la pente devient plus régulière avant d’arriver sous la falaise, la sente finale en balcon offre une vue splendide sur la vallée de la Vernaison. 800D+ digéré, je fais le plein en boisson ici.

Saint Julien en Vercors km27 alt1000m mi-course, la pause est rapide je ne m’attarde pas pour attaquer la dernière difficulté +500m sur 2km. Le balisage suit une sente abrupte en sous-bois se glissant dans la falaise sur la fin. J’accède au Pas du Fouillet sur les crêtes de Chalimont alt1453m un peu sec! Heureusement 5kms à courir sur les plateaux du Vercors rehausse un peu l’allure ce qui n’est pas pour me déplaire. Le Pas de Saint Martin annonce le début de la descente vers Saint Martin du Vercors. Le sentier passe sur une vire, la vue est magnifique. Après la traversée d’une aire de décollage de parapente le sentier plonge entre les rochers, il faut mettre les mains pour ne pas glisser. Il commence à faire bien chaud, j’arrive au ravito au pied de l’église 5h37 de course.  Bien hydraté, je repars reste un peu plus de 10kms et 2 bosses de 300mD+.  Nous longeons les gorges des Grands Goulets. La fin approche, par un chemin surplombant le village de la Chapelle, je passe la ligne en 7h58 44ème, loin derrière Fabien Antolinos en 5h07. Laurence a court d’entrainement bifurquera sur le 32km au Pas de l’Allier.

La convivialité d’après course est de mise, nous ne boudons pas la bière et le repas d’après course. Beaucoup de plaisir pour une reprise sur les sentiers montagneux, un tracé exigeant offrant de beaux points de vue sur les vallées, des bénévoles au top et une belle organisation dans une région magnifique. A recommander vivement en toute simplicité.

 

GR34 – Cap Sizun – Douarnenez à la Pointe du Raz

Randonnée réalisée du 19 au 21 mai 2018.

Une randonnée sur la côte nord du Cap Sizun, sauvage, un espace préservé, une côte découpée et moins touristique. Un itinéraire sur le GR34 stoppé l’an dernier à Telgruc sur Mer (récit ici).

Distance 50km 2200D+ balisage GR34

Carte IGN 0419 Audierne Pointe Raz – Ile de Sein

Lien Internet (bus Cap Sizun)

Etape 1 : Douarnenez Le Tréboul – Pointe du Millier.

Début de randonnée à partir de la plage de Saint Jean à Tréboul en milieu d’après-midi. On se met à l’aise avec le sac à dos, l’itinéraire ne traverse pas de village, sauvage et quasiment pas de plages.

Les paysages sont d’entrée magnifiques, on y trouve de suite le dépaysement souhaité. Le sentier se faufile plein ouest entre les dernières habitations de Douarnenez et devient plus escarpé. Nous cheminons de pointe en pointe, la Pointe de Leydé puis la Pointe de la Jument. Les reflets turquoises de la mer contrastent à merveille avec la flore bien fleurie en cette période de l’année, on surplombe quelques petites criques. Au loin, on aperçoit la maison phare de la Pointe du Millier située sur la commune de Beuzec Cap Sizun, qui signale l’entrée dans la baie de Douarnenez avec le Cap de la Chèvre en face sur la presqu’île de Crozon. Les points de vue sont très jolis. Notre première étape finie ici, notre contact vient nous chercher pour passer la nuit en caravane non loin du GR.

Etape 2 : Plage Port Péron – Plage de Théolen

Nous rattrapons le GR34 à partir de la plage de Port Péron (camping non loin). L’endroit est vraiment paisible, première « vraie » plage depuis le départ, mais nous attendrons pour mettre les orteils dans l’eau ! Le sentier est toujours aussi escarpé ce qui n’est pas à nous déplaire ! La côte est extrêmement déchirée, à chaque nouvelle pointe, un nouveau panorama. Au large le cap de la Chèvre sur Crozon se dessine dans l’entrée de l’immense baie de Douarnenez. Passez la Pointe de Trénaouret une jolie petite plage se laisse découvrir à l’abri des regards, nous nous y arrêtons pour tremper les jambes dans une eau bien fraîche.

 

Le sentier chemine entre de petits estuaires bien encaissés, les herbes et fougères y sont parfois bien hautes. Un peu d’histoire sur le sentier, à la pointe de Kastel Koz avec un oppidum gaulois, puis la plage du Lesven, lieu de bataille de la résistance locale en aôut 1944. Plus loin, la petite maisonnette de Felix Coquet de 1927 atypique, nous accueille en bord de littoral.

Après avoir laissé les rochers emblématiques de Grand Crom et du Danou, nous traversons la zone naturelle du Cap Sizun, la richesse des plantes du littoral contrastent à merveille avec le bleu océan. Le mauve des arméries maritime, le jaune de l’ajonc d’Europe, le vert des bruyères et le bleu de quelques jacintes des bois. Nous débouchons sur une magnifique plage magnifique, un air des caraïbes !

Dans les falaises abruptes à la Pointe de Penharn nichent de nombreuses espèces, perché sur un promontoire rocheux un ornithologue observe le balai des mouettes, goélands, … La côte ici est plus aride, balayée par les vents, la végétation y est rase. A l’abri de la pointe de Brézellec quelques bateaux sont amarrés, l’étape se termine plus loin à la plage de Théolen, nous posons les sacs pour savourer une bonne bière bretonne à la petite buvette et faire trempette.

Etape 3 : Plage de Théolen – Port de Bestrée

Nous passons la nuit au village de Cléden-Cap-Sizun, dans un petit studio tout confort. Notre hôte nous ramène à la plage de Théolen. L’étape sera moins longue, l’occasion de se poser un peu plus. La hauteur des falaises nous fait dominer la mer bien calme comme à la Pointe du Van. Plus loin, le GR arrive à la Chapelle de Saint-They, monument classé surplombant le raz de Sein en bord de la falaise. La petite fontaine Saint Mathieu attire notre curiosité.

Au loin se dessine la baie des Trépassés et son immense plage réputée pour le surf. Le lieu est propice au pique-nique. Il faut se hisser sur les hauteurs de la falaise pour rejoindre la Pointe du Raz. Le lieu est touristique, un peu trop peut être ! Mais face à la mer d’Iroise ce point le plus avancé vers l’ouest, tel une proue de 72 m de haut, le décor sur le Raz du Sein, le phare de la Vieille et l’île de Sein est somptueux. Un détour par Notre Dame des Naufragés et nous reprenons le GR34 sur un kilomètre pour stopper cette belle escapade à la crêperie Ty Ru avant de reprendre le bus.