Je l’ai Echappée Belle

Aperçu vidéo ici.

La grange des Gleysin 82ème km. La barrière horaire initialement prévue à 8h est décalée à 9h, Belledonne a déjà laissé un paquet de concurrents derrière. Je ne suis plus très serein à l’idée de finir cet intégrale longue de 149kms 11400D+. Se dresse devant moi maintenant le redoutable Moretan, un mastodonte !

L’Echappée Belle; je la rêve depuis 5 ans. L’aventure, l’inconnu de passer la ligne, la joie de vivre ce défi, une traversée du Sud au Nord, un parfum de GR20 dans les Alpes. Prendre le départ aura déjà été une longue réflexion, mes pensées sont ailleurs, je pense à toi JS sur la ligne de départ.

Ve.02h00 Aiguebelle, il faut prendre la navette pour Vizille où un bon petit déjeuner nous attend. Je retrouve Alex « Le Vicking » rencontré sur La Diag 2019, passionné et motivé comme jamais. Les derniers instants de calme, nous entrons ensemble dans le sas de départ…

Ve.05h45, il est là le maître François, faire honneur à l’Echappée Belle, ultra favori pour relever le défi et faire un record sur ce tracé technique. Le briefing est court, pas de point météo, le ciel sera avec nous, une vraie chance…Gestion, gestion, gestion, sonner la cloche pas difficile l’Echappée Belle!

Ve.06h00, c’est parti, je suis en première ligne, pas pour longtemps le chemin est long, trouver mon rythme et surtout mes sensations. On est parti pour une longue montée jusqu’à la Croix de Belledonne 2889m. Je perds Alex et retrouve Gilbert au ravito de l’Arselle 17km 2h47, sympa d’échanger quelques mots. La portion suivante est parsemée de petits lacs, un régal pour les yeux, Lac Achard, Lacs Roberts, Lac Longet, Lac de Léama, Lac Longet, des souvenirs de rando me reviennent. 27km 5h28 ravito du refuge de La Pra, 2453m de D+ dans les jambes, l’échauffement est fini. Un premier pierrier sous les Doménon, pour s’offrir ces 2 magnifiques lacs avant la bifurcation vers la croix. « Mettre l’amour au sommet » un slogan avec une vue à 360°, nous sommes sur le toit de cette Echappée, 32km 7h18 de course. La couleur émeraude du lac Blanc me fait de l’œil 800m plus bas. La forme est là, prudent je relâche un peu dans les Rochers Rouges vers le col de Freydane. Emerveillé par ce glacier devenu si petit, le verras tu dans 30ans ? Le bijou nous attire, contempler derrière soi les 3 sommets de Belledonne, mon spot préféré.

Ve.15h01, Refuge Jean Collet perché au-dessus du Grésivaudan. 1h de pause, en pleine chaleur, petite erreur, sauf qu’en ultra on les paye rapidement. Je prends un coup de chaud dans la montée du col de la Mine de Fer. Je ne connais pas cette portion, sur le roadbook s’est classé noir, je comprends mieux. Les blocs, les cailloux sont partout, slalomer, enjamber, mon allure diminue fortement quand je pointe à la brèche de La Roche Fendue, 42km 4000D+, le ravito est encore loin. J’apprécie ce coin sauvage, le soleil rasant offre des couleurs splendides aux montagnes, je savoure quelques myrtilles. Habert d’Aiguebelle, reste 100km 12h36 de course un concurrent me dit de ne pas traîner, je m’exécute. Direction le col de l’Aigleton 500D+, il pique celui-là, l’accueil des bénévoles est chaleureux sous la banderole. Descendre pour remonter, pas compliqué sauf que maintenant c’est le Col de la Vache et l’obscurité gagne. Des blocs, encore des blocs, la vision a changé et il me manque quelques lumens pour être plus à l’aise. Bien dommage ne pas voir les lacs des 7 Laux, il faudra revenir. La descente est un peu laborieuse à cause de ma frontale, j’arrive au refuge stressé, 2h de retard sur mes prévisions, la descente est technique et escarpée. Aucune défaillance physique, c’est plus le mental qui en prend un coup.

Sa.00h46. Station du Pleynet, 1h30 de pause, pas du tout exploité. Un manque de lucidité, un change mal organisé sous une tente exiguë, je ne dors pas. Néanmoins les pastas du restaurant me requinquent et une gentille bénévole me fournit trois piles de secours, merci ! Je passe en mode piles, exit les batteries. C’est reparti, je cours pour la première fois plus de trois kilomètres. La nuit est bien avancée et la montée de la Valloire me sera fatale. Je recule dans la pente, mieux vaut s’allonger, plus de force. La fin de l’ascension de 800D+ est un calvaire, et je ne suis pas tout seul. On unit nos forces à 3 pour gagner le Gleyzin. Troisième erreur ne pas avoir profité des abris off sur le parcours pour dormir d’avantage. 81km 26h01 de course, le jour s’est levé, mes idées d’abandons aussi. Jeter le dossard ici, en début de journée non pas possible, tenter le Moretan au moins, je repars. Les concurrents du 85km me déposent dans la montée, ti pas ti pas ça me rappelle La Réunion. Refuge de l’Oule, moitié de l’ascension, petite pause l’endroit est propice et les bénévoles aux petits soins. Les mains sur les cuisses ça devient pentu et technique, le Moretan est un monstre, la montagne n’est que pierriers, un dernier effort j’arrive au col bien sonné 87km et déjà 7850m de D+ avalés. Le début de la descente est difficile : névé, arête équipée de corde, blocs rocheux, seul le lac Moretan reflète dans ce chaos minéral. Le ravitaillement de Périoule me fait du bien avant la descente. Je relance un peu. « Attention la montée suivante est la plus raide », je comprends vite pourquoi.. dré dans le pentu en pleine chaleur, je recule, je m’assois, je suis de nouveau KO. Les idées d’abandon m’envahissent à Super Collet 4km plus loin, 1h15 d’avance sur la barrière horaire. L’endroit est bondé pas une place pour se poser au calme, je me réfugie sous les tentes sur un lit de camp. « Tu ne peux pas arrêter là … » sonne Laurence au téléphone, 34h41 de course restent que 49 km !

Sa.17h50. Je quitte Super Collet km101, chaussures changées avec 10min d’avance sur la barrière horaire un vrai coup de poker ! La piste de ski est plutôt salvatrice, au col de Claran je m’agrippe à un groupe, l’allure est plutôt bonne en descente et me redonne vite espoir. Je retrouve petit à petit de l’énergie en cette fin de journée, la magie de l’ultra des moments « up &down », j’arrive au refuge des Férices à la tombée de la nuit, plein d’espoir. J’ai souvenir de cette partie faite en 2014 sur le 85km, dommage pour les paysages sur les crêtes, la lumière des frontales trace le chemin. J’arrive à Val Pelouse 118km avec 2h d’avance sur la barrière horaire. Plus question d’abandon mais toujours pas de dodo, je prévois une sieste de 20min au dernier ravito. Toujours difficile la deuxième partie de nuit, la fatigue, la somnolence me fait plonger dans le monde des hallucinations, il est temps de s’allonger sur le bord du sentier. La descente est interminable, je dors debout.

Di.06h18. Le Pontet 1h40 d’avance sur la dernière barrière horaire, le jour s’est levé et l’arrivée se rapproche. Les yourtes sont une invitation à dormir un peu enfin, 20min au calme. Plus rien ne peut m’arriver, la dernière bosse, l’ultime descente, je me surprends même à courir. Aiguebelle, j’ai le privilège de sonner la cloche en 51h51 239ème, je l’ai Echappée Belle.

J’ai reçu beaucoup d’énergie sur cette Échappée Belle, comme un « pèlerinage ». L’échappée Belle c’est une superbe organisation, de supers bénévoles et des paysages splendides, plus qu’un trail pour moi, une histoire née en 2013.

A mon cousin J.S.

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UTB en relais, on l’a fait!

UTB, en relais ! vidéo ici

L’UTB, une valeur sûre ! Si vous cherchez à faire un ultra trail dans l’année, l’UTB est pour vous. Après avoir essuyé les orages en 2016 et 2017, je décide de revenir, cette fois en relais, histoire de partager ce beau trail avec Laurence.

Elle a eu l’honneur de faire la première partie 47km, celle avec le plus de dénivelé 3830D+, la plus technique et de jour. Une étape où ça grimpe fort d’entrée 1860D+ jusqu’au Col des Lacs, histoire de bien se chauffer. Le passage sur la passerelle du Lac St-Guérin est toujours apprécié avant la montée au Cormet d’Arêches. Suit une belle portion de haute montagne souvent accompagnée de névés, passage au Col du Coin, Lac d’Amour, Col à Tutu sous la Pierra Menta, Refuge du Presset, Col du Grand Fond avant la descente au Cormet de Roseland. Un relais bouclé en 12h15, objectif accompli à 30 min de la barrière horaire, bravo Laurence !

Prendre le départ d’un trail à 16h45, atypique avec une belle portion de nuit pour boucler ces 58km 3070D+. Le ciel sera clément pour une fois avec moi jusqu’à la tombée de la nuit, le temps de prendre un max de plaisir en montagne et de profiter des beaux panoramas offerts sur les crêtes. La nouvelle trace à partir du Col de la Gittaz permet de découvrir de beaux points de vue sur les sommets de la première partie, avec en arrière-plan, le massif du Mont Blanc. Le Lac Noir et le Pas d’Outray sont les curiosités de cette portion. La descente sur Haute-Luce un brin technique et ludique affûte les guibolles avant Haute-Luce et sa magnifique église. La montée raide sur Les Saisies se fera poussif mais salvatrice pour finir ce parcours où il faut grimper le Mont Bisanne avant la longue descente sur Quiege.

Beaucoup de plaisir , bravo à tous les finishers notamment Jean Luc pour son premier UTB ! On reviendra certainement une nouvelle fois !

Voyage vers le Grand-Duc

C’est avec des images de paysages plein la tête que le voyage commence vers La Chartreuse. Souvenirs de belles randonnées, Cirque de Saint Même, Cascades d’Alloix, Dent de Crolles, Lances de Mallissard, Chamechaude, autant d’endroits qui ne laissent pas indifférent, loin des montagnes. Derrière ces grandes barrières minérales se dessinent des alpages et des hauts plateaux mystérieux où règne une ambiance sauvage et préservée, dépaysement garanti.

Le Grand-Duc est donc une invitation à la découverte avec un parcours renouvelé tous les ans. L’âme de ce trail est bien ancrée, anciennement appelé le Tour pédestre de Chartreuse, une 30ème édition, je ne pouvais pas louper ça!

Je retrouve Christophe plutôt aguerri au triathlon, l’installation au camping à deux pas du départ est idéale. Briefing, il va faire chaud, même très chaud et l’organisation se montre intransigeante sur le matériel obligatoire. 5h, on arrive juste au contrôle des sacs, c’est bon vous pouvez entrer dans la fournaise de La Chartreuse.

Etape 1 : 12.4km 870m D+ 480m D-

Je retrouve Bruno (sa vidéo ici) facile à reconnaître avec sa Go Pro dans le sas de départ. Nous avions partagé de beaux trails en 2015, le Nivolet Revard et l’UTMB. L’air est chaud, dès les premiers mètres ont transpire à grosses gouttes. Allure tranquille, le sentier serpente dans le Guiers Mort, ludique et joli on y reviendra y mettre les pieds plus tard. Un peu de bitume sur la route à encorbellements et nous arrivons à La Diat commune de Saint Pierre de Chartreuse dans le dernier tiers du peloton.

Etape 2 : 16.35km 1195 D+ 724m D-

Du salé, il faut déjà combler les pertes hydriques. Les choses sérieuses commencent, la pente devient plus raide avant un léger répit sur un petit plateau le temps d’admirer Chamechaude. La montée devient un brin technique, temps de sortir mes bâtons. Manque de chance, il m’en reste qu’un seul ! Pas le choix, une bonne branche fera l’affaire. Les jambes sont là malgré une bonne randonnée deux jours avant dans Belledonne, la chaleur commence à se faire ressentir à notre arrivée à l’Oratoire d’Oreval non loin du Charmant Som.  L’ambiance est bonne et les bénévoles au petit soin. Photo souvenir avec mon binôme, on a décidé d’unir nos forces jusqu’à l’arrivée. Le panorama offre un beau point de vue sur les sommets voisins. La descente file vers le Col de la Charmette km30. On profite du ravito pour se rafraîchir ça cogne de plus en plus.

Etape 3 : 15.95km 730m D+ 1583m D-

La montée suivante est sèche dans un chemin bien caillouteux mi-ombre. La Grande Sure se dévoile au loin de la combe. Je croise Bruno Lavit, photographe talentueux et sympathique au Col de la Grande Vache. Il faut aller pointer au sommet en aller-retour, point culminant du parcours 1920m. Le sentier est technique mais ça faut le détour, la vue à 360° est splendide, seul bémol le nuage de pollution se distingue clairement dans le bassin Grenoblois. Petite halte pour recharger en eau au début de la longue descente, ravitaillé par les ânes, bravo aux bénévoles. Quelques alpages, le sentier chemine dans la forêt en dessous de la Crête des Charmines. La chaleur est de plus en plus étouffante, arrivée dans la vallée la portion de bitume nous brûle. Je retrouve Sister venue nos encourager, on se pose de sérieuses questions pour la suite. 30min à rester dans la fournaise, plus de 40°C, on est cuit!

Etape 4 : 19.5km 1660m D+ 900D-

Dès le début de la montée, je ressens les prémices d’un coup de chaud. Cette portion est un long chemin de croix de 2h30. Le ravito au col de la Sarriette est une délivrance mais étant juste pour la barrière horaire de La Ruchère l’organisation nous propose une déviation de 10km évitant l’ascension du Petit Som, classé quand même, on valide de suite l’option. Moins de pression pour finir la course, on relâche dans la descente vers La Ruchère, je croise l’ami Bruno qui ne s’attarde pas.

Etape 5 : 13.6KM 402m D+ 1170m D-

Beaucoup de monde à La Ruchère, l’ambiance est propice pour se poser un, on en profite pour bien se ravitailler. Cette fin de parcours alterne avec quelques petites bosses, vu notre allure les jambes sont encore bonnes pour courir. Le passage à gué dans le Guiers Mort est un bonheur pour les jambes. On finit avec Christophe en 15h36, sympa de partager ce trail ensemble surtout dans ces conditions.

Si un jour vous trouvez un bâton Leki quelque part en Chartreuse faites-moi signe !

Ma vidéo souvenir 

GR34 : Cap Sizun – Pointe du Raz à Loctudy

Randonnée réalisée du 28 au 30 avril 2019.

Une randonnée sur la côte sud Cap Sizun jusqu’à Loctudy. Une randonnée pleine de surprises, sauvage et culturelle, la baie d’Audierne un espace préservé, les ports et plages du pays Bigouden.

Distance 103km 1200D+ balisage GR34

Carte IGN 0419 Audierne Pointe Raz – Ile de Sein

Carte IGN 0519 Pont l’Abbé – Pointe de Penmarch

Etape 1 : Pointe du Raz – Plozévet.

Nous rejoignons la pointe en auto-stop, grâce à deux belles rencontres ! On reprend le sentier à gauche de l’immense parking de « Beg Ar Raz ». Le ciel est couvert, on retrouve le sentier escarpé en surplomb des falaises sculptées par les tempêtes. On arrive rapidement au petit port-abri de Fuenten Aod, la fontaine de la côte. 1979, l’état voulait implanter une centrale nucléaire ici ! Le mouvement antinucléaire viendra à bout de ce projet, merci ! La côte est restée sauvage avec ses landes et sa parure fleurie. Les endroits pleins de surprises se succèdent : Pors Loubous lieu du débarquement des résistants martyr ; Pors Tarz avec son vieux treuil vestige de la récolte du goémon ; la cabane refuge de la Pointe de Plogoff ; la batterie de canons de l’anse de Cabestan. Le dessin des galets cachés depuis 120000ans, un livre ouvert sur l’histoire de la Terre et du niveau des océans. Le sémaphore de Lervilly au loin annonce l’arrivée à Audierne et son port. Nous entrons dans l’immense baie, les grandes plages se dessinent devant nous avant la pointe du Souc’h, la pause à Pors Poulhan est la bienvenue. La côte redevient plus sauvage, notre première étape finie chez Armelle dans sa maison en bord de mer à proximité de l’immense pierre druidique commémorative du naufrage du vaisseau « Des Droits de L’Homme ».

Etape 2 : Plozévet – Penmarch

L’immense baie se dessine à perte de vue, le cordon de galets fuit l’horizon. A la sortie de Penhors, une belle surprise nous attend derrière un parapet, merci Jean Yves pour « L’Albatros, l’Arpenteur » ! Ravis, nous quittons la côte pour l’arrière-pays, contourner les étangs littoraux et la bande lagunaires. Dans les terres, le GR passe à proximité des ruines de la chapelle Languidou, vestige du XII siècle. Contraste, avec les graffitis de l’ancienne usine de concasseur de galets utilisée par les Allemands pendant la 2e Guerre Mondiale. Un circuit historique bien agréable couronné par une visite imprévue de la Chapelle Saint Evy, merci Yvette! La pointe de La Torche et sa magnifique plage baignée de surfeurs annonce notre arrivée à Penmarch fin de notre deuxième étape.

Etape 3 : Penmarch – Loctudy

Le soleil est au rendez-vous pour notre dernière étape, nous reprenons la trace sur le GR de Pays Tour du Sud du Pays Bigouden. Nous quittons Penmarch et ses récifs, pour la grande plage du Stêr avant Le Guilvinec. Un peu de tourisme et nous voilà sur le sable fin accompagnés pas un balai d’hirondelles. Les étranges rochers de la pointe de Goudoul, nous accueillent à l’entrée de Lesconil petit port où l’on resterait bien. Contempler le Rocher de la Tortue sur la plage des Sables Blancs, une dernière surprise pour notre fin de rando à Loctudy.

Le trail autrement

Prendre un dossard n’est pas une fin en soi pour prendre du plaisir en courant. Libérer des contraintes chronométriques, cette façon d’appréhender les sentiers permet souvent de découvrir des territoires d’une autre façon.

L’allure libre, l’absence de rubalises, de classement, de foule permet de profiter de ce qui nous entoure. Une belle façon de s’entraîner, d’allier plaisir; dans des régions montagneuses ou non comme dernièrement en Dordogne.

Les rencontres permettent de tisser des échanges riches, c’est ainsi que nous avons poussé les portes du Village du Paillé, fait connaissance de DT Stéphane Dollé et apprécié pleinement ce type de sortie. Suivez le guide… vidéo ici.

Une belle 1ère

Vidéo ici

L’association “Courir Marcher dans le Sud Touraine” a organisé le 2 mars 2019 son premier Trail Sud Touraine. Cette jeune association existe à travers des marches et des sorties running. Nicolas Gagneux l’organisateur a voulu offrir un 42km en semi-nocturne, distance emblématique pour la course à pied et inédite pour un trail dans notre département d’Indre et Loire. La promesse de faire découvrir deux belles vallées, La Creuse et La Claise, un parcours fait de relances, de singles techniques avec peu de route, composé de 70% de parties privées. Succès pour l’inauguration plus de 600 participants et une centaine de bénévoles ont répondu présents. Plusieurs distances et formules étaient proposées; du 10 km au marathon en solo, relais ou en duo de quoi satisfaire un grand nombre.

Une belle découverte à 1 h de Tours, çà ne se loupe pas. C’est donc avec une grosse envie que j’aborde le premier « gros » de 2019. Retrait des dossards à Chambon, lieu d’arrivée où nous sommes transférés en bus vers Barrou commune du départ. Débarqués sur la place du village, nous sommes une bonne centaine pour ce 42km. Venu avec les copains, Christophe, Eddy, Rémi, Thomas je retrouve la bande du ToursNAventure venue en nombre. Quelques mots avec Vivien le photographe, l’échange est sympathique, quelques clichés avec la bande et nous voilà tous sourires au départ.

Les habitués du circuit départemental sont là, TTE, TTT, le plateau est plutôt relevé. Le départ est donné en faux plat avant d’attaquer une série de singles. Le parcours alterne ensuite allées forestières et chemins avant de descendre dans la vallée de La Creuse. Petit regret de ne pas passer au château de La Guerche, nous remontons le côteau. Km12 premier ravito à la Commanderie de Templiers de l’Epinat, je passe chemin. Le rythme commence à être bon, on attaque une belle portion boisée, alternance de chemins et de singles, je relance plutôt bien 23km 2h13 de course 2ème ravito au Grand Pressigny. Passage de relais, la trace plonge en sous-bois dans la vallée de La Claise, ludique ce n’est pas pour me déplaire.  Les faux plats se ressentent bien dans les guibolles, km30 on remonte sur le plateau l’allure a nettement baissé, je m’accroche à quelques têtes connues. En file indienne, je me cale derrière pas de relais, je tiens. La nuit tombe en sous-bois l’occasion de marcher, j’enfile la veste, je reprends quelques forces km36 au ravito de La Perrière. Une petite ravine agrémente cette fin de parcours, je fini au mental en 4h03 32ème. J’ai nettement calé sur la fin mais je suis satisfait (trace strava). Je retrouve Laurence comme à son habitude en place pour ces massages de récupération.

Quelle belle réussite ce trail Sud Touraine, on sent une organisation déjà bien en place et des bénévoles dévoués à orchestrer une belle manifestation conviviale, bravo ! A l’année prochaine certainement…

Article NR ici .

Intense

L’année se termine (résumé Strava ici), la trace mène vers d’autres sentiers. Le profil 2018 était pourtant audacieux, rétro en quelques lignes et en vidéo ici.

Janvier, les sensations sont là avec le Footshape™ Toe Box et le Zéro Drop propre à Altra. La Ronde de La Saint Vincent à Amboise(37) décrasse le bonhomme 19km-1h22.

Février, reprendre gout, commencer l’endurance en forêt autour de la maison. Quelques petits segments à la croix du Revollat(38), admirer Belledonne sous sa croûte blanche.

Mars, dépoussiérer le bike, galoper au Trail Court de La Ronde des Rotomages(37), 23km-2h00-5ème. Saint Jean des Ollières nous revoilà, 3ème virée au Trail des Piqueurs(63) ,52km-7h14, on reviendra en 2019!

Avril, 2 triathlons à préparer. De belles sorties bike avec les copains et des sessions de nage en eau libre, à refaire c’est certain.

Mai, Triathlon de La Vienne(86) M, 2h35 pas si mal pour un début. Escapade à Noirmoutier, évasion sur le GR34 acte2 avec Laurence, 50km splendide jusqu’au bout du monde.

Juin, ToursNMan(37) L, 5h15 merci les copains pour ce beau challenge. Enchainer avec les Drayes du Vercors 50km-7h57, récup en mode jambes de bois.

Juillet, la Montagn’Hard(74) 65km-14h07 6 cols et beaucoup de plaisirs autour des Contamines-Montjoie. Retour en Touraine pour le Népal au Trail de Panzoult(37) 33km-3h02 12ème, gros déverrouillage des guibolles. Toujours de belles sorties bike, avant notre rando du Sancy et l’Envol de la Perdrix(63).  

Août, du bike en guise d’affûtage. Les vacances et la découverte du Grand Raid des Pyrénées(65). Le Tour des Cirques 125km-33h, dénivelé, technique, ultra beau. Clin d’œil au binôme en or pour le Tour des Lacs.

Septembre, récupération sur le deux-roues. On garde un peu d’escaliers, engagé pour une belle initiative au Foulée de Mulsanne(72) pour Joël en Marsalette.

Octobre, activité douce. Débarquement, extase dans Mafate à J-5. La Réunion(974), Le Grand Raid, La Diagonales des Fous, un rêve, surréaliste, l’insouciance de la première fois. Un accueil au top, merci les copains, bravo Lauv pour ton Bourbon, chapeau bas. J’ai survécu, 52h de voyage sur l’île intense et dire qu’on a déjà envie d’y revenir !

Novembre, dur de couper mais nécessaire.

Décembre, reprendre goût dans l’eau et sous l’eau. Quelques balises pour finir 2018 avec la Mégal’O Night.

Garder la flamme de la découverte, le regard émerveillé, le parfum d’aventure et le goût du défi pour 2019. Merci à tous, on se croisera certainement.

Et pour vous préparer ou récupérer je vous conseille un bon massage sportif.

Bonnes fêtes et surtout la santé pour crapahuter.

Un peu de philo en musique https://youtu.be/D9hyhQk0slk ou de détente avec Mop Mop

Prendre son envol au Sancy

Venir en Auvergne est devenu coutumier depuis quelques années, trail des Piqueurs, trail du Sancy hivernal et estival, trail Vulcain, trail des Couteliers…

Géographiquement bien situé, le massif du Sancy est un lieu idéal pour crapahuter sur les contreforts volcaniques des puys et préparer ces objectifs de l’été. De nombreux sentiers balisés permettent de randonner au cœur d’un cadre naturel préservé et naturel et aussi le carrefour du GR4 et GR30.

Cette année, nous avons abordé le Sancy sur un court weekend, une demi- journée Off en rando trail avec le tour du vallon de Chaudefour en partant de la maison de la réserve naturelle. Une belle sortie, avec de beaux points de vue et un peu de dénivelé (trace strava ici).  Passage à proximité de la Cascade de Pérouse et de la source Sainte Anne, une montée dans les landes herbeuses et fleuries sur le plateau, avant d’arriver sur les crêtes où le sentier passe à proximité  du télécabine de la Perdrix de Super Besse, aboutit au col de la Cabane, début de la montée raide qui nous amène au sommet du Puy de Sancy (1886m) dans les nuages en cette fin de journée. La ligne de crête après la descente marque la séparation entre le vallon de Chaudefour et le vallon de la Dore. La descente finale dans la Vallée de Chaudefour permet d’admirer les rochers de Liadouze, la Dent de la Rancune.

Lendemain direction Super Besse pour le trail de l’Envol de la Perdrix, un 30km avec trois sommets (Puy de Chambourget, Puy de la Perdrix, Montchal) et un passage au pied du Puy de Sancy . Des panoramas splendides à la montée sur la réserve naturelle de Chastreix Sancy, à la descente sur la réserve naturelle de la vallée de Chaudefour Le retour vers la station passe sur l’un des plus beaux sites du massif, le Lac Pavin ! Ce trail permet une bonne approche au trail plus long, en le faisant en mode cool on a pu apprécier pleinement ce beau tracé (vidéo souvenir ici).

 

GR34 – Cap Sizun – Douarnenez à la Pointe du Raz

Randonnée réalisée du 19 au 21 mai 2018.

Une randonnée sur la côte nord du Cap Sizun, sauvage, un espace préservé, une côte découpée et moins touristique. Un itinéraire sur le GR34 stoppé l’an dernier à Telgruc sur Mer (récit ici).

Distance 50km 2200D+ balisage GR34

Carte IGN 0419 Audierne Pointe Raz – Ile de Sein

Lien Internet (bus Cap Sizun)

Etape 1 : Douarnenez Le Tréboul – Pointe du Millier.

Début de randonnée à partir de la plage de Saint Jean à Tréboul en milieu d’après-midi. On se met à l’aise avec le sac à dos, l’itinéraire ne traverse pas de village, sauvage et quasiment pas de plages.

Les paysages sont d’entrée magnifiques, on y trouve de suite le dépaysement souhaité. Le sentier se faufile plein ouest entre les dernières habitations de Douarnenez et devient plus escarpé. Nous cheminons de pointe en pointe, la Pointe de Leydé puis la Pointe de la Jument. Les reflets turquoises de la mer contrastent à merveille avec la flore bien fleurie en cette période de l’année, on surplombe quelques petites criques. Au loin, on aperçoit la maison phare de la Pointe du Millier située sur la commune de Beuzec Cap Sizun, qui signale l’entrée dans la baie de Douarnenez avec le Cap de la Chèvre en face sur la presqu’île de Crozon. Les points de vue sont très jolis. Notre première étape finie ici, notre contact vient nous chercher pour passer la nuit en caravane non loin du GR.

Etape 2 : Plage Port Péron – Plage de Théolen

Nous rattrapons le GR34 à partir de la plage de Port Péron (camping non loin). L’endroit est vraiment paisible, première « vraie » plage depuis le départ, mais nous attendrons pour mettre les orteils dans l’eau ! Le sentier est toujours aussi escarpé ce qui n’est pas à nous déplaire ! La côte est extrêmement déchirée, à chaque nouvelle pointe, un nouveau panorama. Au large le cap de la Chèvre sur Crozon se dessine dans l’entrée de l’immense baie de Douarnenez. Passez la Pointe de Trénaouret une jolie petite plage se laisse découvrir à l’abri des regards, nous nous y arrêtons pour tremper les jambes dans une eau bien fraîche.

 

Le sentier chemine entre de petits estuaires bien encaissés, les herbes et fougères y sont parfois bien hautes. Un peu d’histoire sur le sentier, à la pointe de Kastel Koz avec un oppidum gaulois, puis la plage du Lesven, lieu de bataille de la résistance locale en aôut 1944. Plus loin, la petite maisonnette de Felix Coquet de 1927 atypique, nous accueille en bord de littoral.

Après avoir laissé les rochers emblématiques de Grand Crom et du Danou, nous traversons la zone naturelle du Cap Sizun, la richesse des plantes du littoral contrastent à merveille avec le bleu océan. Le mauve des arméries maritime, le jaune de l’ajonc d’Europe, le vert des bruyères et le bleu de quelques jacintes des bois. Nous débouchons sur une magnifique plage magnifique, un air des caraïbes !

Dans les falaises abruptes à la Pointe de Penharn nichent de nombreuses espèces, perché sur un promontoire rocheux un ornithologue observe le balai des mouettes, goélands, … La côte ici est plus aride, balayée par les vents, la végétation y est rase. A l’abri de la pointe de Brézellec quelques bateaux sont amarrés, l’étape se termine plus loin à la plage de Théolen, nous posons les sacs pour savourer une bonne bière bretonne à la petite buvette et faire trempette.

Etape 3 : Plage de Théolen – Port de Bestrée

Nous passons la nuit au village de Cléden-Cap-Sizun, dans un petit studio tout confort. Notre hôte nous ramène à la plage de Théolen. L’étape sera moins longue, l’occasion de se poser un peu plus. La hauteur des falaises nous fait dominer la mer bien calme comme à la Pointe du Van. Plus loin, le GR arrive à la Chapelle de Saint-They, monument classé surplombant le raz de Sein en bord de la falaise. La petite fontaine Saint Mathieu attire notre curiosité.

Au loin se dessine la baie des Trépassés et son immense plage réputée pour le surf. Le lieu est propice au pique-nique. Il faut se hisser sur les hauteurs de la falaise pour rejoindre la Pointe du Raz. Le lieu est touristique, un peu trop peut être ! Mais face à la mer d’Iroise ce point le plus avancé vers l’ouest, tel une proue de 72 m de haut, le décor sur le Raz du Sein, le phare de la Vieille et l’île de Sein est somptueux. Un détour par Notre Dame des Naufragés et nous reprenons le GR34 sur un kilomètre pour stopper cette belle escapade à la crêperie Ty Ru avant de reprendre le bus.

Les Piqueurs ludique à souhait

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Trouvé un trail long en mars est toujours appréciable pour lancer sa saison. Comme on garde un excellent souvenir des éditions 2014 et 2015, il ne faut pas longtemps pour nous décider de revenir aux Piqueurs* pour le 10ème anniversaire et sortir « des sentiers battus ». Ce tracé de 52km / 2500m D+ (lien strava) dans la magnifique région du Livardois Forez promets quelques surprises avec des enchaînements tous différents les uns des autres, nous fera oublier le mal de jambes, promesse de l’organisation !

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Nous arrivons à Saint Jean des Ollières (400 habitants environ) le samedi soir en fin d’après-midi.  Le calme du village contraste des grandes manifestations et ajoute un charme au dépaysement recherché, le cadeau des Piqueurs est toujours le fameux tee-shirt caricaturé. Nous posons nos valises chez Ghislaine et Didier aux chambres d’hôtes « Le relais des Chaux » à 1km du village, l’accueil est plus que chaleureux. L’occasion de faire connaissance de Nicolas (Bourges) et de Julien (Haute Savoie) venu en famille.

La nuit est courte, faute au changement d’heure et la place du village est bien plus animée que la vieille. Petite photo souvenir avec Laurence et nous voilà au top départ, nous sommes environ trois cent solo sur le tracé de 52km. La météo sera clémente avec un soleil printanier, inespéré !

Départ dans le paquet, mais je déchante rapidement en voyant que ma frontale n’éclaire pas, j’ai oublié de changer les piles ! Bon ça me vaut une première demi-heure prudente, à suivre les lueurs des autres frontales, je frôle l’entorse !

Montée du pierrier de Courdeloup alt 761m au 5 km, plus besoin de frontale et c’est bien mieux ainsi 37min de course. La vue est splendide sur les massifs, du Cézallier, du Sancy et du Puy de Dôme tous sous la neige. Les sensations commencent à venir, relance dans la descente et je décide de zapper le premier ravito.

Les premiers monotraces techniques, ça devient ludique. Le tracé aborde maintenant 2.5 km de hors-piste avec deux montées « dré dans l’pentu » pour deux fois 90m D+ et D-, je m’accroche aux arbres et fait du quatre pattes. 1h44 de course les muscles sont bien chauds, je me régale. J’essaye de garder mon p’tit rythme jusqu’au ravito 2, km 22 2h36 de course. Je fais le plein et me découvre un peu il fait bon, idéal pour crapahuter ! Ça redevient technique, le tracé alterne sans arrêt entre des hors-pistes techniques, des sentiers, des montées casses pattes, pas le temps de s’ennuyer aux Piqueurs (c’est pour ça qu’on vient).  Une grande bouffée de nature, les sous-bois sont magnifiques comme féeriques, des prés fleuris de jonquilles, des ruisseaux sauvages. J’arrive au village de la Prulhière, mi-course et déjà 1100D+ de fait. Les choses sérieuses commencent, le fait d’avoir bien géré la première partie me permet de reprendre plusieurs concurrents, km 31 on attaque le vallon de Martinanches, une portion hors du temps, avec des pentes très raides, où il faut se servir des cordes, on alterne les traversées du ruisseau. Un peu d’escalade pour pigmenter tout ça, l’arrivée au 3ème ravito dans la cour du château de Martinanches est la bienvenue km 34 4h15 de course.

J’aperçois en repartant des gars du Tours Trek Endurance, je retrouve bonne motivation pour les reprendre, un bon fil rouge pour cette fin. Surtout que j’arrive maintenant dans une partie technique, la remontée de la cascade de la Cruche. Le ruisseau est encaissé, il faut le franchir plusieurs fois le tout dans un hors-pistes complet, je peine un peu mais j’adore. Dernier ravito km46 6h37 il sera difficile de finir sous mon objectif de 7h00, aucune importance. Je repars pour le hors-piste et l’ascension du chaos basaltique du Pic de la Garde km 49, je croise dans le pierrier les marteaux piqueurs qui hissent une joëlette, respect ! Il faut mettre les mains pour se hisser au sommet, la vue est magnifique au pied de la statue de la vierge.

Reste 3kms je relance dans la descente, le clocher de Saint Jean des Ollières se dessine, je passe la ligne en 7h14, comme Pierre et Laurence tout sourire plus tard.

Venir aux Piqueurs est une garantie d’avoir un parcours varié, accidenté, technique où la gestion de l’effort et le mental prend toute sa place. Idéal pour préparer une saison de trail, on reviendra certainement une 4ème fois !

*L’histoire raconte que le terme Piqueurs vient du XVIIIe siècle, un territoire pauvre et surpeuplé et la venue des marchands ambulants pratiquant la « pique ».