La Montagn’Hard, un concentré de dénivelé

Vidéo souvenir ici.

Trace strava

J’arrive à Saint Nicolas de Véroce sous un parfum de coupe du monde et une victoire de  la France face à l’Uruguay mais surtout attiré par cette Montagn’Hard qui résonne dans mon esprit depuis un moment. Ce petit village à tout pour plaire avec sa belle église baroque du XVIII siècle, le retrait des dossards se fait sous un chapiteau, simplicité et  authenticité, j’apprécie. Tiens, le sponsor sur le maillot est Unchain, une nouvelle marque de lacets avec lequel je cours sur mes Altra. Je trouve ma place de stationnement à deux pas du départ sur un parking en contre bas, idéal pour passer la nuit.

La Montagn’Hard fête ses 10 ans et pour l’occasion l’organisation à concocter 3 parcours: un 42km 3500D+ en solo ou relais, un 63km 5000D+ un concentré de dénivelé et un gros très gros 135km 11000D+ pour des souvenirs impérissables.

Le 63km me suffit largement et servira de préparation pour la suite, le tracé dans le val Montjoie s’annonce magnifique surtout que la météo sera avec nous. 6h00, environ 200 participants pour prendre le départ de ce 63km et une forte envie de sentiers de montagne me fourmille dans les jambes. Mon but est de mener une course prudente et sage en descente, les barrières horaires sont finalement assez large il n’y a donc pas de pression pour passer les 6 « bosses » au programme du jour.

C’est parti, la première pente sert d’échauffement et permet d’étirer le peloton. Je croise Jonathan (24ème – 11h19) aperçu mi-juin sur les sentiers des Drayes du Vercors. 400m D+ en apéro, un joli point de vue s’offre à nous sur la vallée de l’Arve et les Aravis. La descente est roulante.  Deuxième montée, je discute avec Jean-Baptiste (134ème – 15h25) V3 émérite et sympathique du Trail Club Saint Gervais Mt Blanc St Gervais. Dans son terrain de jeu, il connait les sentiers et les montagnes environnantes. Le sentier coupe plusieurs fois le chemin de fer du Tramway du Mont-Blanc qui monte au Nid d’Aigle. A papoter, je ne vois pas le temps passer, nous voilà dans un alpage au col, le soleil illumine le Mont Blanc, le refuge du Gouter brille sur la corniche de la barre rocheuse. Il faut descendre pour atteindre le premier ravito Les Toiles 125ème  2h37,  il commence à faire chaud !

Les sensations sont plutôt bonnes en ce début de trail, on attaque la montée du Prarion 800D+ on quitte les derniers chalets pour s’enfoncer dans la forêt. Je tombe sur Philippe (bif.40 10h51), nous discutons de la Diagonale et me fait partager son Grand Raid. Finalement cette partie en sous-bois passe aussi rapidement et on se fait doubler par les concurrents du 40km à l’allure bien plus rapide. Le sentier devient un peu plus escarpé et technique sur la fin, au sommet le panorama est magnifique. Pause photo obligatoire sur ce promontoire situé à 1 860 mètres d’altitude face au Mont Blanc. Dégustation d’une petite patate douce et c’est reparti en mode crapahut dans la descente, j’y vais tranquille pour pas me détruire les cuissots. J’arrive à Bionnassay ravito n°2 108ème 4h52, encore frais disons pas tant que ça vu la chaleur ! Je bois énormément et me ravitaille correctement avant de repartir avec la casquette saharienne sur la tête.

C’est reparti sur une portion que je connais, souvenir de vacances 2016 avec le franchissement de la passerelle du glacier de Bionnassay, le torrent gronde déversant les eaux de fonte, impressionnant ! La bifurcation pour descendre sera laissé cette fois, il me faut remonter au col du Tricot point culminant de ce parcours, 2120m d’altitude.  Cette fois, je croise Clément engagé sur le 135km (bif.60 21h37). Bien sympa Clément trois Diagonale à son palmarès. Arrivé au col, c’est un peu la foule mais le panorama permet d’observer la face nord de l’aiguille de Bionnassay. Je profite des belles perspectives vers la vallée des Contamines et sur les alpages de Miage nous sommes sur les traces de la TDS. La pause avec le petit sandwich est méritée avant de se lancer dans une descente bien raide 600D-. Le 3ème ravito est en bas, 105ème 7h19 de course et environ 2 heures d’avance sur la barrière horaire. Je m’hydrate bien quelques oranges, du salé et c’est reparti. On attaque par une petite bosse 200D+ bien exposée à la chaleur, je ne regrette pas la casquette ! Nous passons devant les Chalets du Truc, le point de vue sur les dômes de Miage est superbe, les alpages sont agréables à courir. Le sentier nous dirige vers la vaste combe d’Armancette où la végétation est abondante (Réserve naturelle des Contamines). Arrivé en surplomb des Comtamines le sentier est aérien et file en balcon qui permet de relancer un peu l’allure. La vue sur l’autre versant Mont Joly et son col me fait penser à l’UTB l’an dernier et le terrible orage! Cette portion est assez longue, j’arrive au refuge de Tré-La-Tête au  97ème 10h00 de course, l’Bagnard nous attend à la fontaine.

Je n’aurais pas cédé à la bière du bagnard pourtant alléchante ! Je change de maillot et me lance dans la descente, technique en première lieu ce qui n’est pas pour me déplaire. Cette portion passe finalement bien, j’ai encore les jambes! Je reconnais le sentier de l’UTMB menant à La Balme cette fois en descente direction la chapelle Notre-Dame-de-la-Gorge. Assez émouvant de repasser ici ! Je cours le long de l’Arve pour arriver au dernier ravito du camping du Pontet 95ème 11h08. Je relâche un peu, j’ai laissé quelques forces à courir, la dernière ascension vers le Mont Joly se fera à petit rythme.

Je trouve la dernière bosse bien raide 600D+, je suis bien content de sortir de la forêt. Le sentier nous mène devant un chalet à la vue extraordinaire, l’hôte des lieux m’offre un bon petit sirop au thé vert – pêche bien frais ! Je repars avec Bernard un Belge pour atteindre la bif 60/135, je discute avec 2 concurrents du 135km, le choix étant donné de jeter l’éponge et bifurquer sur la fin du 60km. Je laisserais ici Blandine et Willy à la nuit (finishers en 38h50). Le soleil plonge derrière les montagnes, je m’arrête une dernière fois pour profiter de cette ambiance si particulière et salvatrice, presque déçu de finir. Les pistes de ski m’accompagnent pour cette ultime descente, les premiers chalets de Saint Nicolas de Véroce et le son du speaker sonne la fin et l’arche d’arrivée, 97ème 14h07.

La bière fraîche est amplement savourée cette fois! Beaucoup de plaisir de se retrouver les sentiers alpins, j’ai retrouvé à La Montagn’Hard une ambiance particulière que finalement peu de trail offre, animée par des bénévoles et une organisation sans faille souvent primordial en montagne. Un concentré de paysages magnifiques, quelques souvenirs et des rencontres sur les sentiers, vive le trail.

3 commentaires sur « La Montagn’Hard, un concentré de dénivelé »

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