Xodus 5.0 réparation de fortune

Adepte de la marque Saucony en chaussures de trail depuis 2 ans et plus particulièrement du modèle Xodus, je peux dire que ce modèle répond parfaitement à ma pratique.

Après une saison 2014 réussie avec le modèle Xodus 4.0 sur des sentiers très techniques (je l’utilise encore en rando) et même parfois roulants, j’ai renouvelé avec la Xodus 5.0 début 2015.WP_20150805_10_06_54_Pro

 

La chaussure est une valeur sûre sur le marché mountain trail. Ils existent de nombreux descriptifs sur internet mais la qualité du mesh a été modifiée sur ce dernier modèle laissant apparaître une usure prématurée au niveau du gros orteil après 4 mois d’utilisation !

Je les ai poussés jusqu’à une utilisation sur la première moitié de l’UTMB. Depuis elle complète mon tas de chaussures usagées alors qu’elles peuvent faire encore des kilomètres vu l’état de la semelle Vibram. J’ai donc testé à plusieurs reprises le strap à l’intérieur de la chaussure mais celui-ci n’est pas durable. J’ai donc cherché un moyen de pouvoir repérer les trous dans le mesh outre la solution de retourner le modèle au vendeur pour une prise sous garantie (à conseiller en premier lieu).

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Sur le net j’ai testé la solution de Jean Jacques G. avec la colle Seam Grip® disponible chez Decathlon. Celle-ci est transparente, élastique et adhère fortement. Elle convient pour toutes les réparations durables étanches à l’eau de trous, fissures ou coutures non étanches. Idéal donc pour les tentes mais aussi les Gore-Tex et aussi les chaussures. Point négatif à mon avis du côté des constituants chimiques de la colle et une possible restriction d’utilisation, à suivre. J’ai pris comme support adhésif amovible du strapping disposé sur les trous et étalé la colle sur les bords en dépassant légèrement.

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Pour moi cette chaussure est sécurisante par son accroche sur sentiers techniques, dynamique sur les parcours roulants et confortable avec un amorti bien réparti, une référence quoi !

Alors avant de passer au modèle 2016 Xodus 6.0 pour m’accompagner sur les prochains trails, je vais donc tester cette réparation de fortune et je serais ravi de faire le Vulcain avec !

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Footprint du trail

Le trail est en plein essor, porté par l’évolution de la demande celui a un impact non négligeable au niveau économique et environnemental. La balance n’est pas toujours équilibrée et des dérives vers l’appât du gain se fait déjà sentir. J’ai pris conscience cette année de la démesure de certains trails. Le business est entré dans le trail, les marques de produits outdoor bien présentes et certains organisateurs en tire déjà le « bénéfice ». Alors toujours plus de monde sur les sentiers n’est pas sans conséquences sur notre environnement!

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Montée du Semnoz – Maxi Race 2015

 

J’aime la citation de Yohann Metay sur son dernier spectacle la tragédie du dossard 512 « je détruis la nature de peur de découvrir la mienne ». Evoluer sur une course à allure libre en milieu naturel sur du profil changeant, c’est aussi se mesurer à soi-même et profiter d’un environnement préservé.

Alors de plus en plus le nombre de participants est limité et certaines organisations prennent des mesures d’éco-responsabilités comme par exemple l’UTPMA (http://www.utpma.fr/eco-responsabilite-pxl-23.html).

Ci dessous la chartre de l’ATRA (American Trail Running Association) qui à mon avis devrait être rappeler aux trailers:

1. Rester sur les sentiers balisés pour limiter l’empreinte du coureur sur l’environnement.

2. Franchir les obstacles pour éviter de contourner et provoquer une autre zone d’érosion.

3. Respecter les terres privés et protégées.

4. Ne pas déranger la faune et le bétail.

5. Garder son chien en laisse.

6. Ne pas effrayer les autres usagers des sentiers.

7. Etre amical.

8. Ne pas jeter de déchets.

9. Courir en petits groupes .

10. Courir en sécurité. Seul prévenir de son parcours, avoir une carte et se renseigner des conditions météo. Prévoir son ravitaillement et son matériel de secours.

11. Respecter la nature et le patrimoine.

12. S’impliquer dans les associations.

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Trail des Piqueurs 2015 « droit devant »

 

 

 

UTMB 2015

UTMB2015 : Je l’ai fait ! vidéo ici

Quel beau voyage, 170km 10000D+ pour faire le tour du Mont Blanc en moins de 46h30.

2563 partants 961 abandons, 74 nationalités au départ.

Ma motivation, la passion de la course à pied, l’amour de la montagne, le voyage avec soi même, le sentiment de liberté et d’évasion.

Recalé l’an dernier au tirage au sort, cette année sera la bonne !
J’apprends la nouvelle avec une bonne entorse à la cheville droite en janvier, rééducation et planning 2015 ficelé (trail des Piqueurs, Nivolet Revard, MaxiRace, UTPMA), un seul but, faire l’UTMB !

Une semaine de vacances avant l’UTMB, direction Grenoble pour encourager Laurence sur le 40km Chartreuse de l’UT4M. Je ne peux pas résister de faire une belle sortie rando-trail sur Chamechaude où je croise Timothée Nalet.

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Descente Chamechaude UT4M
Prise de quartier à Passy au bord du lac, on arrive en même que le triathlon du Mont Blanc. L’endroit est propice à la baignade avec une vue sur le Mont Blanc, loin de la foule de Chamonix !

La pression monte doucement durant la semaine, les allers-retours à Chamonix n’aidant pas. Finalement le jour J pas de stress, mais une délivrance. Je savoure tous les moments qui précèdent le départ, je suis dans ma bulle.

Assis au milieu de tous ces traileurs venus des 4 coins du monde, je me sens bien petit. Je savoure cette attente, et retrouve Bruno Poulenard que je reconnais grâce à sa Go Pro et Christian Delavault . C’est grandiose, l’émotion est bien là, sur le nuage UTMB avec la musique Conquest of Paradise qui nous fait vibrer. Certains de joie, de peur, peut être les deux !

Le départ restera l’un des moments inoubliables, le public, l’hélico, je mesure la dimension populaire de cette course. Les chemins de l’ultra sont devant moi, mon objectif est bien sur de finir si possible en 40h…(j’en serais loin !). La météo est excellente, quasi caniculaire la mise en garde contre les coups de chauds a été faite.

Le peloton cosmopolite est galvanisé par les encouragements, je prends mon rythme footing cool, le début étant roulant. Je croise Célia Firmin, j’avance, me retourne, elle a disparue !

L’ambiance aux Houches est géniale, je fais un arrêt express, trop de monde.

Je suis comme toujours impressionné, pas beaucoup de paroles, le bruit des bâtons et le souffle cadencé des coureurs traduit la concentration de chacun, la route sera longue. Première ascension, Le Delevret se passe à une bonne cadence. Au somment, je croise Sylvain Bazin, une photo souvenir, je repars avec lui en trottinant tout en échangeant quelques mots sur ces précédents périples au Canada et en Irlande, un mec vraiment sympa. La descente est assez raide, je déroule mais reste prudent car la nuit tombe vite en sous-bois, je m’arrête prendre ma frontale plus sage !

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Avec Sylvain Bazin

 

Ambiance de fête à Saint Gervais, il est 21h00 déjà 3h00 de course et 20km. Je retrouve Marie Claire, mon père et Laurence, pas d’assistance ici on se retrouvera aux Contamines pour un arrêt plus conséquent. L’UTMB commence aussi pour eux, pas de tout repos de suivre un coureur autour du Mont Blanc. 10km plus loin et 300D+ j’arrive à la première zone de ravito-assistance des Contamines en 4h47. Beaucoup de monde, pas le top mais il faut prendre des forces pour l’ascension qui se profile. Je retrouve Laurence dans la zone assistance, j’enfile les manches longues pour la nuit, NOK sur les pieds et c’est reparti. Je quitte les senteurs barbecues de la ville pour les lueurs étoilées de cette nuit qui s’annonce magnifique. Refuge de la Balme 6h55 de course et bientôt 40km, je me ravitaille vite fait, je ne veux pas me refroidir.

C’est à partir de là qu’on rentre vraiment en montagne, je me retourne souvent pour me persuader que je ne suis pas dernier tellement il y a de loupiotes devant moi. C’est vraiment impressionnant ce serpentin de lumière dans la montagne. La montée se fait en file indien, je profite au maximum du spectacle jusqu’au col de la Croix du Bonhomme. Le ciel étoilé, la lueur de la lune fait qu’on pourrait quasi éteindre sa frontale. J’assure ma foulée en marchant car le sentier est parfois rocailleux au début puis je déroule en courant en arrivant aux Chapieux je mets 1h pour avaler les 1000 de D-. Ravito en 15min, je repars sur une partie ennuyeuse faux plat sur le bitume sans fin. Je marche et me refroidit ce qui m’oblige à sortir la veste. Enfin une pente « dré dans le pentu » vers le Col de la Seigne que je passe aux aurores c’est grandiose ! La fatigue se fait sentir mais la beauté des paysages me tient éveillé. L’aspect découverte me donne beaucoup d’énergie. Le tracé devient technique, où beaucoup se plaignent, je me réjouis (la randonnée dans Belledonne certainement) de crapahuter dans les parties minérales. Je marque une pause, ravito maison avec mon gâteau énergétique au somment des Pyramides Calcaires sous l’œil d’un drone qui me survole.

Au loin le Lac Combal embrumé est splendide…Après une descente de 500mD- j’arrive au ravito, les tentes sont à l’ombre je me refroidis vite, je savoure une bonne soupe, du salé, du sucré…Nombre de concurrents sont malades y faut pas trainer ici, je repars en marchant histoire de bien digérer.

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Lac Combal

J’attaque la montée des arrêtes du Mont Favre 500D+, peu avant le somment j’aperçois le vol majestueux de l’aigle lâché par son dresseur, génial. En haut la vue est imprenable, c’est bien le Mont Blanc, impérial complètement différent vu du versant Italien. Je suis frappé par le retrait des langues glacières !

Je me lance dans la descente peut être un peu trop confiant arrivé au Col Chécrouit km75 au bout de 16h05 de course, je ressens 2 violentes décharges sur les ligaments externes du genou droit, tendinite aïe aïe !

Le début des ennuis pile poil au mauvais endroit, la descente difficile sur Courmayeur est laborieuse. Moi qui adore les descentes je suis contraint à serrer les dents !

900m plus bas, base de vie de Courmayeur km80, là où il faut arriver en forme, je suis diminué et le moral en prend un coup, et la fatigue n’arrange rien. Je récupère mon sac d’assistance et retrouve mon petit groupe, ça fait du bien au moral. Je file avec Laurence dans le hall du gymnase, c’est bruyant pas propice à la détente. Après coup je regrette de ne pas m’être reposer à l’extérieur sous un arbre à l’ombre. Je m’enfile mon plat de semoule/foie de morue citronné, change de vêtements pour attaquer la chaleur, refait le plein. Laurence me fait un petit massage des jambes, je change de chaussures et s’est reparti…il fait super chaud.

Fini l’objectif temps, je veux finir tout simplement passer les barrières horaires une à une. La chaleur est pesante à la sortie de Courmayeur, j’attaque la montée du refuge de Bertone un peu en surchauffe, l’allure n’est pas rapide je vais plusieurs pauses à l’ombre pour ces 900D+ en 5km !

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Vue sur les Grandes Jorasses

Arrivé au refuge, je me rafraîchis un peu et me ravitaille vite, ce n’est pas encore ici que je me poserais pour dormir. Mon allure assez lente et la peur de ne plus avancer me stresse. Alors je file mon chemin, j’attaque le long sentier en balcons loin d’être plat, les Grandes Jorasses sont vraiment splendides, que la montagne est belle. Le plaisir l’emporte malgré ma tendinite au genou qui me frustre. Refuge Bonnati, les organismes sont bien entamés, pour moi le chrono tourne depuis 21h, le compteur affiche 91km et 5600 de D+ ! Je me projette uniquement sur la barrière horaire suivante pour rester concentré. Le prochain ravito est à Arnuva km100, la descente est compliqué, saleté de genou, je décide d’aller voir les kinés. Du coup un peu d’attente mais la bande K-Tape posée se décollera rapidement ! Direction le grand col Ferret 2527m, un mythe de l’UTMB, je monte à une petite allure régulière, je suis au somment en 1h30. Bonsoir la Suisse, Bye bye l’Italie!

Je bascule dans la descente, j’enfile une couche supplémentaire le vent sur ce versant est fort. Je profite des derniers moments de la journée pour admirer la montagne. Je me sens bien petit et me retrouve maintenant seul, instant privilégié, je reste concentré sur ma prochaine pause. La Fouly km 110 et 1000 plus bas il est 20h30. Je retrouve enfin mon assistance de choc venu à ma rencontre, que ça fait du bien ! Je me ravitaille en 20min, toujours le même rituel remplir le camel et ma bouteille de 50cl, et prendre un peu à manger. Pas de quoi se reposer ici je repars la frontale sur la tête avec un peu moins de 2h d’avance sur la barrière. Cela me met en confiance, mais les 14km qui arrivent seront les plus difficiles. Profil descendant certes, mais je ne peux pas courir, j’ai maintenant de violentes douleurs sous les métatarses m’obligeant à m’arrêter souvent. Le moral est au plus bas, j’ai l’impression de ne plus avancer et j’avais oublié la montée sur Champex Lac. J’y arrive à 23h48 dans un état proche de l’abandon, j’erre sous cette immense tente bruyante. L’assistance de Laurence sera salutaire, elle m’envoie sous la tente des « dodos », je mets le portable à sonner 10min plus tard. Je ressors frigorifié, j’enfile du chaud et savoure une énième soupe aux pâtes.

Une heure plus tard, plus question de jeter l’éponge, j’ai toujours mes 1h30 d’avance…Bovine, ce nom résonne dans ma tête, j’avance au milieu de ces rochers, il faut parfois mettre les mains. Encore une pause, je quitte les chaussettes et trempe les pieds dans le torrent pour me soulager les pieds. Mon rtyhme n’est pas régulier, je suis dans un autre monde, la sensation d’être dans un rêve, j’hallucine ! Je reviens à la réalité dans la descente, la douleur au genou est de plus en plus importante, j’ai envie de courir mais impossible, je serre les dents…Trient km141 5h22 du mat et 35h22 depuis le départ. De nouveau un arrêt au stand des kinés, pose d’un vrai strapping au genou et soin des ampoules. Laurence est là, elle a fait nuit blanche, sa présence est un réel réconfort ! On repart ensemble, 1h de ravito au total, le moral est bon.

Avant dernier col Catagone, 1h40 de montée au lever du jour, ça booste et je commence vraiment à y croire cependant dur rappel à la réalité dans la descente. Je croise Célia aussi en galère à cause de ses pieds, je suis hyper concentré sur ma foulée bancale, du coup je compense sur l’autre jambe et une autre tendinite se profile.

Vallorcine, 1h50 d’avance sur la barrière horaire, on ne pourra pas m’arrêter. 30 min de ravito avec Laurence, et un bon massage des pieds, le pied ! On plaisante avec un autre concurrent on sent l’euphorie de la ligne d’arrivée nous gagner. Derniers encouragements, et je me jette vers le Cols des Montets avant d’attaquer la dernière montée +900m.

Il commence à faire sacrément chaud, je zigzague dangereusement dès les premiers lacets. Je cherche un coin d’ombre, je m’allonge comme une « m….. » sur le bord du sentier en état hypnotique. J’entends des randonneurs « on n’a jamais vu ça… » 7min chrono en main je repars le pas plus alerte, grosse frayeur ! La tête aux Vents 2h40 plus tard, je traine ça tape, les paysages sont splendides propices à faire quelques photos. Je suis avec un Italien de 60ans il est euphorique, ça sent le bonheur de la ligne d’arrivée. Mais le chemin est technique, je traine la jambe, je m’accroche à la vue offerte sur les glaciers. La Flégère km162, dernière barrière horaire, je retrouve Laurence qui m’a fait la surprise de venir ici en rando, énorme ! J’ai encore un peu d’avance je décide de me faire poser un strap sur l’autre jambe qui compense mon déséquilibre. Dernier ravito et on se lance dans la descente en grimaçant c’est long très long 2h de descente mais la délivrance est proche, j’entre dans Chamonix pas question de marcher je trottine avec Laurence à mes côtés, les rues de Chamonix sont noires de monde, une ambiance de folie. Je savoure ces derniers mètres j’aperçois mon père sous la ligne d’arrivée qui joue au photographe. Je passe la ligne, une victoire, une satisfaction d’avoir partagé ma passion avec mes proches. Qu’il est beau ce sport. Finisher en 45h54 !

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Père et Fils

 

Un grand merci à Laurence pour son assistance précieuse, mon père et Marie Claire pour leurs encouragements et à tous pour vos messages

Deux semaines après j’ai encore du mal à quitter l’aventure UTMB, un souvenir de plus!

Place à la récupération avant de nouvelles aventures…

Découvrir à travers le trail…

Après une année 2015 très riche avec l’UTMB en objectif, le rêve de faire The Ultra Trail accompli, difficile de rebondir et pourtant.

L’idée en 2016 est de garder et peut être même renforcer ma motivation première, la découverte des paysages. Croquer dame nature, piétiner du sentier, sentir le souffle de la vie à travers mon corps.

2016 sera l’année de découverte du trail à l’étranger avec le Madeira Island Ultra Trail (MIUT). Le séjour sera court mais l’aventure bien longue je pense avec ces 115km / 7000D+. Il parait que l’on nomme cette traversée de l’île « la petite diagonale ».

MIUT

Avant  ce beau voyage décidé pour mes 40 ans il y a plus d’un an, l’objectif est simple, entrainement croisé comme je le fais tout au long de l’année, éviter la blessure et surtout entretenir le plaisir de mettre le pied dehors pour crapahuter.

Pour aller à Madère, il faudra passer par Volvic et la chaîne des puys! Objectif est de finir le plus « propre » possible. Une deuxième participation après 2013 où j’avais fini très content du parcours.

Cet été l’idée est de continuer à découvrir les Alpes avec l’Ultra Trail du Beaufortain qui sera à coup sur de toute beauté vue le tracé. Itinéraire montagnard, aérien et sauvage à souhait, avec de nombreux panoramas sur le Mont Blanc et lacs de montagnes. De plus un trail limité à 500 participants permettra de garder un caractère convivial, comme j’aime.

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La fin d’année sera en principe plus chargée sur le plan personnel laissant peu de place aux escapades hors de la Touraine…